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Mali-Burkina Faso-Niger : Adieu la Cour pénale internationale !

Le 24 juin 2026, le Gouvernement du Mali a notifié officiellement au Secrétaire général des Nations Unies, en sa qualité de dépositaire du Statut de Rome, sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI).



Cette démarche s’inscrit dans un mouvement coordonné avec le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui ont également entrepris des procédures similaires. Conformément à l’article 127 du Statut, le retrait prendra effet un an après la réception de la notification, soit le 24 juin 2027.


Le Mali a rappelé dans sa communication son attachement à la promotion et à la protection des droits de l’homme, ainsi qu’à la lutte contre l’impunité. Toutefois, il a souligné que l’idéal d’une justice pénale internationale équitable est régulièrement entravé par l’instrumentalisation politique de la Cour. Cette critique rejoint les préoccupations exprimées par plusieurs États du Sud global, détenteurs de ressources stratégiques, qui dénoncent une justice sélective et asymétrique.


La Présidence de l’Assemblée des États Parties de la CPI, dirigée par  Mme Päivi Kaukoranta, a réagi avec célérité. Dans une déclaration officielle, elle a regretté ces retraits, estimant qu’ils risquent de compromettre la poursuite collective de la justice et d’affaiblir les efforts mondiaux visant à mettre fin à l’impunité. Elle a rappelé que la CPI est au cœur du système international de responsabilité et que son efficacité dépend d’un soutien sans équivoque de la communauté internationale. La Présidence a invité les trois États à rester engagés au Statut de Rome et à participer à un échange de vues significatif au sein de l’Assemblée.


Cette divergence illustre la tension croissante entre deux visions du système international. D’un côté, les institutions multilatérales et les représentants du nouvel ordre mondial défendent une justice universelle, fondée sur leurs objectifs et la lutte contre l’impunité des criminels mandatés « groupes tactiques opérationnels » ou groupes terroristes armés. De l’autre, les États du Sahel, confrontés à des défis sécuritaires majeurs et à des ingérences extérieures persistantes, revendiquent une souveraineté judiciaire et dénoncent une instrumentalisation politique de la CPI.


Les retraits du Mali, du Burkina Faso et du Niger traduisent une volonté de réaffirmer l’autonomie des États du Sahel dans la gestion de leurs affaires internes, notamment en matière de sécurité et de justice. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de repositionnement du Sud global, qui cherche à peser davantage dans les rapports de force internationaux. En se retirant de la CPI, les trois pays contestent une architecture judiciaire perçue comme déséquilibrée et affirment leur droit à définir leurs propres mécanismes de responsabilité.


La réaction du Secrétaire général des Nations Unies, agissant en qualité de dépositaire, a été strictement procédurale : il a accusé réception de la notification et rappelé les dispositions de l’article 127 du Statut. Cette neutralité contraste avec la tonalité préoccupée de l’Assemblée des États Parties, qui insiste sur les risques d’affaiblissement du système international de justice pénale.


En définitive, ces retraits posent une double interrogation. Sur le plan juridique, ils rappellent que l’adhésion au Statut de Rome demeure volontaire et révocable, ce qui limite la portée universelle de la CPI. Sur le plan politique, ils révèlent une fracture entre les pays du Nord, se disant attachés au droit international, et les pays du Sud, qui dénoncent une asymétrie dans l’application des normes juridiques conventionnelles internationales.


La décision du Mali, du Burkina Faso et du Niger doit être comprise comme un acte de souveraineté, mais aussi comme un signal adressé à la communauté internationale : la justice pénale internationale ne peut être crédible que si elle est perçue comme impartiale et équitable. Dans un monde globalisé où les ressources stratégiques du Sud sont au cœur des enjeux économiques et géopolitiques, la contestation de la CPI par les États de l’AES illustre la volonté de redéfinir les termes de la coopération internationale et de rééquilibrer les rapports de force.


La Rédaction


Source : L’Aube




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