Diffa : mise en place à N’Gourti d’un comité communal de gestion des plaintes pour l’accompagnement productif des ménages vulnérables
N’Gourti, 4 juillet (ANP) – Le Secrétaire général adjoint de la région de Diffa, M. Mamane Gouzae, a procédé ce samedi 4 juillet 2026, dans la salle de réunion de la mairie de N’Gourti, à la mise en place du Comité communal de gestion des plaintes et d’accompagnement productif, dans le cadre des activités de la Cellule Filets sociaux, avec l’appui de l’UNICEF Niger.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Préfet du département de N’Gourti, le capitaine Issoufou Koraou, des autorités communales et coutumières, ainsi que des représentants des services techniques concernés.
Le Secrétaire général adjoint était accompagné du Secrétaire permanent régional du Dispositif national de prévention et de gestion des crises alimentaires (DNPGCA), ainsi que du Chef de division Solidarité nationale, prévention et réponse humanitaire à la Direction régionale de la population, de l’action sociale et de la solidarité nationale de Diffa.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du programme d’accompagnement productif des ménages vulnérables mis en œuvre par le Gouvernement du Niger avec l’appui de l’UNICEF, à travers des financements de la Banque allemande de développement KfW et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).
L’intervention vise à renforcer la résilience des ménages confrontés à des difficultés structurelles, notamment le manque d’accès au capital, aux marchés, aux compétences et aux opportunités économiques. Elle accorde une attention particulière aux femmes issues des ménages vulnérables, aux personnes en situation de handicap et aux populations affectées par les différents chocs économiques, climatiques et sociaux.
Dans ce cadre, un transfert monétaire unique de 100 000 francs CFA sera accordé à chaque bénéficiaire afin de soutenir la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus et de plans d’affaires adaptés aux réalités locales.
Au niveau national, environ 27 775 ménages vulnérables répartis dans 341 villages et 23 communes des huit régions administratives du pays sont concernés par cet appui productif.
La commune de N’Gourti figure parmi les localités ciblées dans la région de Diffa, comprenant 15 villages avec 789 ménages bénéficiaires dirigés par des femmes.
Prenant la parole à cette occasion, le Secrétaire général adjoint de la région de Diffa, M. Mamane Gouzaé, a souligné que «la mise en place de ce comité constitue une étape importante pour garantir la transparence, l’équité et la crédibilité de l’accompagnement productif au profit des ménages vulnérables».
Il a indiqué que «ce mécanisme permettra aux populations de faire entendre leurs préoccupations, de signaler d’éventuelles difficultés et de contribuer à l’amélioration des opérations de transfert monétaire et d’accompagnement des bénéficiaires».
« La réussite de ce programme dépend non seulement des ressources mobilisées, mais aussi de la confiance des communautés. Cette confiance passe par une gestion transparente, équitable et responsable des plaintes », a-t-il déclaré.
M. Mamane Gouzaé a invité les membres du comité installé à accomplir leur mission avec sérieux, impartialité et sens élevé de responsabilité. Il leur a particulièrement recommandé de veiller à l’écoute de toutes les couches sociales, notamment les femmes, les personnes en situation de handicap et les personnes vulnérables, sans discrimination aucune.
Le Secrétaire général adjoint a également insisté sur la nécessité de traiter les plaintes avec diligence et confidentialité, tout en assurant une bonne documentation des dossiers. Il a exhorté les membres du comité à éviter toute forme de favoritisme, de complaisance ou d’utilisation abusive de leurs fonctions.
« Vous êtes appelés à être des relais de confiance entre les populations, les services techniques et les autorités. Votre rôle est essentiel pour prévenir les incompréhensions, résoudre les difficultés à temps et garantir que l’appui parvienne effectivement aux bénéficiaires ciblés », a-t-il ajouté.
Ainsi, la mise en place de ce comité communal de gestion des plaintes répond à la nécessité d’assurer une exécution transparente, inclusive et efficace des opérations de transfert monétaire et d’accompagnement des bénéficiaires.
En effet, le mécanisme de gestion des plaintes constitue un dispositif ouvert et accessible à tous, permettant de recueillir les recours, préoccupations et suggestions des populations, en vue d’apporter des réponses appropriées aux difficultés rencontrées ou d’améliorer la mise en œuvre des interventions.
Composé d’environ dix membres, le comité communal comprend notamment l’Administrateur délégué, des représentants des services techniques communaux de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement, de la population et de l’action sociale, de l’aménagement du territoire et du développement local, ainsi que des représentants de la société civile et de la chefferie traditionnelle.
Les membres du comité exerceront leurs fonctions à titre bénévole. Ils auront pour missions de recueillir, traiter et documenter les plaintes dans le respect de la diligence, de l’impartialité et de la confidentialité. Ils devront également accompagner la mise en place ou la redynamisation des comités villageois de gestion des plaintes, assurer leur coordination et leur encadrement, et faire le lien entre les villages, les services techniques et le Comité régional de pilotage.
Le comité sera aussi chargé de superviser les sites de paiement, de suivre les opérations au profit des bénéficiaires, d’organiser la communication de proximité avec les leaders communautaires et de produire des rapports sur l’état d’avancement de l’accompagnement productif et de la réalisation des plans d’affaires des femmes bénéficiaires.
Selon le Secrétaire Permanent Régional du DNPGCA de Diffa, M. Mamane Moussa, la redynamisation des mécanismes communautaires de redevabilité est devenue indispensable à la suite des insuffisances relevées dans certaines localités, notamment l’absence ou la faible fonctionnalité de comités de plaintes lors des précédentes opérations de transferts monétaires.
À travers cette initiative, a-t-il martelé, les autorités régionales et les partenaires entendent renforcer la transparence, la redevabilité et l’implication des communautés dans la gestion de l’accompagnement productif, afin de permettre aux ménages vulnérables de développer durablement leurs moyens d’existence.
AOM/SML/ANP/Juillet 2026