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Condamnation de Lionel « PCS » et Apoutchou National:Réactions des avocats de l’État de Côte d’Ivoire et de la défense

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Condamnation de Lionel « PCS » et Apoutchou National:Réactions des avocats de l’État de Côte d’Ivoire et de la défense


03/06/2026 159




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photo DR


Dernère publication 03/06/2026 à 08:08 min


Le Pôle pénal économique et financier de Côte d’Ivoire a rendu, le mardi 2 juin 2026, une décision sévère dans une affaire impliquant plusieurs prévenus poursuivis pour des infractions économiques et financières.


Apoutchou National a été condamné à trois ans d’emprisonnement ferme pour blanchiment de capitaux. Le tribunal a également ordonné le retrait de son passeport pour une durée de trois ans, sa privation de droits civiques pour la même période, ainsi que la confiscation de ses biens, notamment des terrains situés à Bingerville, un véhicule, deux ordinateurs et ses comptes bancaires. Une amende de 264 millions de FCFA lui a en outre été infligée.


De son côté, Lionel « PCS » a écopé de cinq ans de prison ferme pour violation de l’instruction du gouverneur de la BCEAO, prise de paris illicites et blanchiment de capitaux. Il a également été condamné à une amende de 264 millions de FCFA.


Parmi les autres coaccusés, Fofana Abdoulaye a été condamné à 12 mois d’emprisonnement et à une amende de 440 millions de FCFA pour violation de l’instruction du gouverneur de la BCEAO. Sidibé Kader et Doffou Aristide ont été reconnus coupables de complicité de blanchiment de capitaux et condamnés à trois ans de prison.


Une décision contestée par la défense


La décision a suscité des réactions contrastées. Du côté de la défense, Me N’dry Claver a annoncé son intention de faire appel, contestant la base légale de certaines condamnations.


« La loi nous donne la possibilité de former des recours lorsque nous estimons qu’une décision ne respecte pas les critères de légalité. Nous allons faire appel de l’ensemble de cette décision », a-t-il déclaré.


L’avocat s’est notamment interrogé sur l’application de l’instruction n°233 du 16 juillet 2024 du gouverneur de la BCEAO, qui fixe à 5 millions de FCFA le seuil des paiements en espèces. Selon lui, « aucune disposition dans les 207 articles de la loi sur le blanchiment de capitaux ne prévoit de sanction spécifique en cas de dépassement de ce seuil ».


Il a également contesté la qualification de « prise de paris illicites », estimant que la législation vise les organisateurs de jeux d’argent sans autorisation, et non les parieurs eux-mêmes.


« Je ne trouve pas dans le Code pénal ivoirien de texte réprimant la simple prise de paris. Nous demandons que nous soit présenté le fondement juridique de cette condamnation », a-t-il ajouté, précisant que ses clients restent libres en l’absence de mandat de dépôt.


« Nous ne sommes pas des chasseurs de primes », réagit l’État


Représentant l’État de Côte d’Ivoire, constitué partie civile, Me Ben Abdoulaye Méité s’est, pour sa part, félicité de la décision rendue.


« Notre constitution de partie civile a été jugée recevable et le tribunal nous a accordé la somme de 100 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts, solidairement à la charge des prévenus », a-t-il indiqué.


L’avocat a insisté sur le rôle de l’État dans la lutte contre le blanchiment de capitaux. « Nous ne sommes pas des chasseurs de primes. L’État entend simplement assumer sa responsabilité dans toutes les procédures liées au blanchiment, au regard des efforts engagés par les autorités », a-t-il affirmé.


Il a également souligné la portée pédagogique du jugement : « Le tribunal a voulu adresser un message à la jeunesse. Nul n’est censé ignorer la loi, et la jeunesse ne saurait constituer une excuse face à des infractions pénales. »


L’affaire KDS renvoyée au 10 juin 2026


Par ailleurs, le tribunal a examiné le dossier impliquant KDS, PDG de KDS Holding, poursuivi dans une affaire liée à un projet automobile ayant mobilisé des milliers de souscripteurs.


À l’issue de cette première audience, l’affaire a été renvoyée au 10 juin 2026, en raison de la constitution de nouvelles parties civiles.


« Nous sommes satisfaits de cette audience d’ouverture. Nos clients ont pu s’exprimer et les débats ont permis de poser les bases d’une décision éclairée », a déclaré Me Amani Kouamé, aux côtés de Me François Serres, avocat au barreau de Paris, les avocats de 528 souscripteurs constitués parties civiles.



Olivier Dion




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