Burkina Faso : là où l’accès à la nourriture est difficile dans certaines zones du pays
Dans plusieurs localités du Nord et de l’Est du Burkina Faso, l’accès aux villes est si difficile que les vivres n’y parviennent que par convois militaires. Avant les interventions humanitaires, les besoins alimentaires des familles étaient difficilement couverts, des repas sautés et les enfants s’affaiblissaient inexorablement.
Dans un contexte marqué donc par des défis humanitaires persistants, les localités des parties Nord et Est du Burkina continuent de bénéficier d’interventions essentielles menées par plusieurs acteurs engagés aux côtés des populations. Parmi eux, l’ONG SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, avec l’appui du financement de ECHO, déploie des actions concrètes visant à répondre aux besoins vitaux.
« L’accès à la nourriture est difficile »
Cette phrase, entendue tant à Titao, Tougan, Bourzanga, Sebba qu’à Gorgadji, résume l’ampleur de la crise. Dans ces zones très difficiles d’accès, les marchés locaux se sont progressivement vidés et les prix ont explosé, créant des situations de crise, voire d’urgence alimentaire. Les enfants sont les premiers touchés, avec des taux de malnutrition aiguë globale très élevés.
Partout, les récits se ressemblent. Des familles contraintes par les violences de fuir des villages environnants, et qui arrivent dans les chefs-lieux de leur province complètement démunies, parfois sans avoir mangé depuis plusieurs jours. Des habitants qui accueillent des proches ou des inconnus malgré leurs propres difficultés.
Badini Gombraogo, habitant de Bourzanga, explique : « Même si nous étions déjà en difficulté, nous avons accueilli des familles déplacées. Nous partagions ce que nous avions, mais il n’y avait presque rien. »
Les activités mises en œuvre par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, notamment dans le cadre de projets financés par ECHO, s’articulent avec celles d’autres organisations humanitaires et des structures étatiques. Cette complémentarité contribue à améliorer l’efficacité des réponses apportées.
Burkina Faso
Contexte et action
23,4 millions d'habitants
185ème sur 193 pays pour l'Indice de Développement Humain
298 336 personnes bénéficiaires
Dans les régions du Sourou et du Bankui, par exemple, plusieurs projets multisectoriels ont été déployés avec l’appui de partenaires humanitaires, couvrant des domaines essentiels comme l’eau, la sécurité alimentaire, la santé et la protection.
À l’instar des interventions menées par d’autres ONG internationales (ONGI) et les services de l’État burkinabè, les actions de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL apparaissent aujourd’hui comme véritablement salvatrices pour de nombreuses communautés confrontées à des conditions de vie difficiles.
Nourrir, dépister, protéger
SOLIDARITÉS INTERNATIONAL déploie, avec le service de la Commission européenne à la protection civile et aux opérations d’aide humanitaire, une réponse qui prend en compte les différentes difficultés auxquelles doivent faire face les personnes. C’est-à-dire que les familles particulièrement vulnérables se voient délivrer une assistance alimentaire, un soutien nutritionnel ainsi qu’un accès à de l’eau potable. C’est le moyen le plus efficace d’avoir un impact positif fort sur la santé de tous.
Trois distributions de vivres (céréales, légumineuses, huile et sel) sont organisées. Chacune couvre 75% des besoins nutritionnels d’une famille sur un mois.
En parallèle, des équipes mobiles passent dans les quartiers et sites de déplacés pour organiser la prévention de la malnutrition chez les enfants de six à 59 mois. Les enfants repérés sont immédiatement référés aux centres de santé. Les équipes distribuent également des farines enrichies et des compléments nutritionnels aux enfants de six à 23 mois afin de prévenir le basculement dans la malnutrition. Ce fut le cas dans la ville de Sebba, d’où témoigne Fatimata : « Les farines ont changé la santé de mes enfants.»
Une stratégie humanitaire payante
Cette approche intégrée des besoins humanitaires apporte des résultats visibles. À Titao et Tougan, Esther Nagalo, coordinatrice adjointe en charge de la sécurité alimentaire pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, confirme : « Les indicateurs de risque de malnutrition se sont améliorés depuis deux ans grâce à notre présence continue, à celle d’autres ONG et aux services de l’Etat. » Les cas de malnutrition sévère ont baissé. Les stratégies de survie négatives, comme la vente des moyens de subsistance ou la consommation d’aliments non adaptés, sont également réduites. L’assistance alimentaire seule ne résout certes pas tous les problèmes, mais elle permet aux familles de tenir, d’éviter les choix impossibles et de protéger les plus jeunes.
Grâce aux distributions, aux dépistages, à l’amélioration de l’accès à l’eau, des milliers de familles peuvent aujourd’hui manger mieux, plus souvent, et avec moins de risques pour leurs enfants. Un soulagement bienvenu, car quand les enfants recommencent à manger, toute la famille respire un peu.
Avec le soutien de l’Union européenne
Photo d’en-tête : © Olympia DE MAISMONT / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
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