Moussa Amadou Djingarey
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Rencontre avec Moussa Amadou Djingarey. Né en 1973 à Zinder, ce jeune cinéaste malgré son nom prédestiné n’est pas de la famille du grand cinéaste nigérien Djingarey Maïga. Avant de devenir cinéaste en 2002 Moussa Amadou Djingarey faisait de la production audio-visuelle notamment des films de commande tels que des spots publicitaires et des sketchs de sensibilisations. C’est lors de ses séjours à Djeddah en Arabie Saoudite pour des affaires personnelles qu’il se lie au milieu de l’audio-visuel et du cinéma. Là-bas pendant trois ans il acquiert les techniques de l’audio-visuel, de la camera jusqu’à la production.
Son premier documentaire il le réalise en 2005. Il s’agit d’un film de 26 minutes sur la croix d’Agadez qui a été diffusé sur la chaîne CFI et sur 53 autres chaînes de télévision Africaine. Depuis Moussa Amadou Djingarey a réalisé une dizaine de fictions et de documentaires dont le dernier intitulé HASSIA de 70 minutes a été présenté au FESPACO 2011. HASIA est sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, il sera ainsi en compétition le 29 avril au festival ‘Vue d’Afrique’ au Canada, le 15 juin au festival ‘Image et vie’ à Dakar et au festival de Milan en Espagne.
Ce film tiré d’une histoire vraie relate l’histoire d’une élève brillante de 14 ans qui vit dans un village. Elle doit quitter le village pour la ville après sa réussite à l’examen d’entrée en 6ème mais son père juge anormal qu’une fille du village parte en ville où elle n’a aucun parent trouve une solution avec la complicité de quelques villageois : la donner en mariage à son cousin. Malgré le refus catégorique de sa mère et de son instituteur le mariage a lieu. Quelques temps après elle tombe enceinte. A l’accouchement, non seulement elle perd le bébé mais également elle devient fistuleuse et est abandonné par son mari.
Le 1er Décembre passé, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida le cinéaste a projeté un documentaire de 26 minutes intitulé MADAME COURAGE. Ce documentaire explique que le sida n’est pas une fatalité et qu’on peut vivre avec les séropositifs. Suite au visionnage de ce film le Chef de l’Etat son Excellence le Général DJIBO SALOU décore le cinéaste à la cérémonie du 18 Décembre marquant la proclamation de la République du Niger.
Sur l’avenir du cinéma nigérien, le jeune cinéaste reste optimiste : « Je pense que le cinéma nigérien a connu un temps mort mais là il est entrain de renaître avec beaucoup de volontés. Surtout avec les jeunes qui sont entrain de prendre le relais. Ces jeunes profitent surtout de l’évolution numérique. Avant faire du cinéma coutait très cher mais aujourd’hui ça ne coûte pratiquement rien du tout. Cela fait 15 ans que le cinéma nigérien était absent au FESPACO. Cette année mon film est sélectionné en compétition, c’est déjà une grande chance. »
Moussa Amadou Djingarey fait parti de l’association nigérienne des jeunes cinéastes et producteurs FOCUS. Cette structure est entrain de mettre sur pied des ateliers de formations et des séances de productions dans les quartiers de Niamey pour faire comprendre le cinéma et le secret de l’audio-visuel à la population.
Ses projets à court terme : une série de 20 épisodes qui est déjà écrite et dont le financement est en cours d’acquisition et un long métrage dont le financement global est déjà mobilisé.
« Mon dernier mot c’est de faire. Je demande à tout le monde de faire. Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, l’essentiel c’est de faire maintenant parce qu’on ne doit attendre. »
jeudi 14 avril 2011
Article publié le dimanche 24 avril 2011
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