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Quand Paris installe " démocratiquement " les chefs d'Etat africains

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L'hebdomadaire français « Le Canard Enchaîné », dans l'article ci-dessous, publié le 22 juin, n'apprend rien aux Africains sur le sujet. Ceux-ci savent de longue date que les chefs de comptoirs coloniaux que sont les hommes qui les gouvernent ne sont rien sans " la mère patrie " qui les a adoubés et bénis.
Sur les fraudes bénies par Paris ils n'ont besoin de personne pour le savoir : ainsi les Congolais savent-ils qu'en 2009 Sassou par exemple a été élu par 10 % de la population, ce que se sont bien gardés de rapporter les " observateurs " français dépêchés sur place, histoire peut-être d'avoir une chance de revenir au palais de Mpila la prochaine fois, un endroit où, paraît-il, la soupe est bonne.


« Le Canard Enchaîné »


Paris a béni les trucages électoraux africains


LA France ne se contente pas de soutenir, sans états d'âme, certains dictateurs africains, elle ne craint pas d'en rajouter en jouant les vigies de la démocratie sur ce continent. Des observateurs pointilleux surveillent, en son nom, la régularité des élections. Et Paris participe très activement aux « programmes de soutien à la démocratisation » supervisés par l'Union européenne. Cette année, avec 18 scrutins présidentiels - un record - plus une multitude d'autres élections, l'« observation » marche à plein régime. Bruxelles y met les moyens : 38 millions !


Peu curieuses ou tenues à l'écart des tricheries, certaines missions sont une aubaine pour les pays « invitants ». Elles leur permettent de s'offrir une caution internationale et de conforter leur pouvoir. D'autres rapports, franchement critiques, eux, sont inopérants. Leur publication intervient plusieurs mois après le scrutin. Uand tout est oublié.


Exemple : les légilsatives de février au Tchad. Un observateur français, consulté par « Le Canard », les qualifie de « mascarade ». Les remarques gênantes de la mission dont il était membre n'ont été rendues publiques... que le 27 mai.Quelques jours après le vote, Catherine Ashton, ministre des Affaires étrangères de l'UE, a donc salué le « bon déroulement » des opérations dans un « climat apaisé et serein ». Au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1990, le dictateur Idriss Déby en est sorti plus fort. En avril, il a été triomphalement réélu président. Cette fois sans témoins internationaux.


Pas de tintouin au CongoAutre parodie, il y a trois mois, en Centrafrique. L'ONU et Bruxelles avaient pourtant dépensé 9,5 millions et Paris 500 000 euros pour l'organisa¬tion du scrutin présidentiel et le déplacement des observateurs. Dans leur rapport : urnes fictives ou bourrées, bulletins non comptés (25 %), violences et intimidations d'opposants. Et « réélection » (65 % au pre¬mier tour) du général Bozizé…


Les experts internationaux ont relevé des facéties du même calibre au Congo et en Mauritanie (juillet 2009) ainsi qu'au Togo (février 2010). La France, impavide, a célébré la « victoire » des présidents sortants. Alain Joyandet, à l'époque ministre de la Coopération, s'est autocongratulé au sujet de l'un d'eux, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat quelques mois avant cette élection : « C'est grâce à nous, quelque part, qu'en Mauritanie la démocratie revient. »Bien sûr, les observateurs ne sont pas toujours de simples faire-valoir. Leur apport a, par exemple, été reconnu lors des récentes élections en Guinée et en Côte d'Ivoire (novembre 2010), qui ont abouti à l'alternance. « Et l'arrivée d'une délégation étrangère est toujours un signe d'espoir pour les populations opprimées », constate une habituée des missions dans les ex-Républiques soviétiques.« Le problème, renchérit un familier de l'Afrique, c'est que nos critiques — même virulentes — ne sont pas suivies de mesures de contraintes à l’égard des régimes. » Ainsi, alors que le rapport sur la présidentielle éthio¬pienne, en 2005, s'annonçait calamiteux, Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, avait, comme le raconte « Jeune Afrique », invité en grande pompe à Bruxelles le vainqueur et roi de la fraude, Meles Zenawi.Pour certains « observa¬teurs », les conditions matérielles des missions ne sont pas à négliger. Le job est dépaysant et bien rémunéré : de 150 à 200 euros par jour, billet d'avion payé. Les experts dits « de long terme », qui préparent durant des mois, sur le terrain, l'arrivée de leurs collègues « de court terme », peuvent, eux, toucher plus de 10 000 euros mensuels.


Admirateurs de Ben AliMais l'appât du gain ou la sympathie pour un régime gé¬néreux suscitent d'autres vocations. Sous le couvert, parfois, d'un organisme bidon, des élus, des juristes ou des uni¬versitaires s'improvisent « observateurs indépendants ». Edmond Jouve et André Decocq méritent d'être cités en exemple. En octobre 2009, ces deux profs de droit avaient cau-tionné les législatives organi¬sées par Ben Ali, dont ils sou¬lignaient « l'intégrité et la transparence ». Fallait oser...


Au Burkina (novembre 2010), l'ancien ministre Jacques Godfrain, un parlementaire UMP et un dirigeant de Bolloré, ont salué la troisième réélection (irrégulière) du président Blaise Compaoré. Au Congo- Brazzaville (juillet 2009), l'ex-ministre Jacques Toubon et les députés UMP Jean-Michel Fourgous et Jean-François Mancel ont porté la soupe à l'inoxydable Denis Sassou Nguesso..Il s'est aussi trouvé des témoins complaisants pour juger « libre, transparente et crédible » la présidentielle de Djibouti (avril 2011). Ismaël Omar Guelleh y a été sacré avec 80 % des voix. La France, qui, avec les Etats-Unis, soutient à bout de bras cet autocrate, a envoyé le 8 mai Henri de Raincourt féliciter l'heureux élu. Ministre de la Coopération, il y a croisé - sans faire la moindre remarque - le Soudanais Omar El Bechir, poursuivi par la justice internationale pour crime contre l'humanité et génocide.Difficile de lui en vouloir : Béchir était sûrement venu en simple « observateur »...Jean-François Julliard


« Le Canard Echaîné » (22/6)


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Brève


Congolais et Espagnol virtuel


Ibaka (Kevin Durant, la star de l'équipe, en arrière plan)
Serge Ibaka (22 ans, 2,08m), le basketteur congolais qui évolue en NBA (ligue professionnelle de basket américaine) dans l'équipe du Thunder d'Oklahoma City a été pré-sélectionné en équipe d'Espagne, sans être encore Espagnol. Un dernier pas vers la naturalisation qui devrait intervenir d'ici à quelques semaines.


Ibaka a joué trois ans en Espagne (il possède toujours une résidence à Barcelone) avant de gagner les USA. Il avait déclaré rêvé jouer pour ce pays, aux côtés de Pau Gasol, Rudy Fernandez, Jose Luis Calderon... Un choix qu'on peut comprendre : il ne peut rien attendre du Congo, son pays de naissance, le niveau de cette discipline y demeurant, à l'inverse d'un pays comme l'Angola, à l'âge de la pierre taillée...








Article publié le vendredi 24 juin 2011
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