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Burundi Eco La récurrence des files d’attente sur les parkings, à quand la solution ? - Burundi Eco

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 : Au fil des jours, le transport en commun dans la capitale économique burundaise devient de plus en plus un casse-tête. Après plusieurs heures de travail, ce sont des files d’attente interminables que ce soit au parking du côté nord ou celui du côté sud de Bujumbura. Certains choisissent désormais de faire le footing pour rentrer Nous sommes lundi le 7 septembre 2020 au parking des bus en partance vers les quartiers nord de la capitale économique, près de l’ex-marché central de Bujumbura. Il est 17 heures, le moment où presque tous les fonctionnaires et autres personnes quittent le centre-ville pour regagner leurs ménages. Presque tout y semble beau, le soleil lance ses derniers reflets. Cependant, de longues files de gens en attente des bus qui s’y observent attirent notre attention. Adultes, enfants, hommes, femmes et vieillards les uns derrière les autres. D’autres affluent de tous côtés tout en demandant aux gens rangées sur les lignes quelle destination prendre. En quelques minutes, les queues s’allongent davantage : des dizaines de mètres chacune. Pourtant, les bus ne viennent qu’à compte-gouttes. Et, chaque fois, seul un petit nombre de passagers trouve de places. Ainsi, pour tuer le temps mis sur les lignes, les uns jouent avec leurs téléphones. Les autres, discutent des choses et d’autres. Parfois, ceux qui sont fragiles ou fatigués s’asseyent par terre.

Une situation parfois intenable pour les usagers du transport en commun Le temps que les gens passent sur les files d’attente devient insupportable pour les uns et un tue-affaire pour les autres. Richard habite la zone de Kamenge au nord de la capitale économique. Nous le trouvons sur un appel, frustré par l’attente d’un bus. « Il arrive que je passe plus de 45 minutes à la file. Ça se répercute sur mon business que je dois faire après les heures de travail. J’arrive tard, dans la nuit. Je ne trouve pas de clients. Vous comprenez que je subis d’énormes pertes. Je ne peux pas prendre un taxi tous les jours », témoigne-t-il

Pendant les heures de pointe, des files d’attente se créent sur les parkings.

Sur une autre file, à côté, se trouve Claudette, la quarantaines et mère de 4 enfants. Elle habite Carama, un quartier périphérique du nord de Bujumbura. Elle se dit profondément préoccupée par le fait qu’elle ne trouve plus de temps pour s’occuper des tâches ménagères ou de l’éducation de ses enfants: « Je termine le travail à 17 heures. Mais, des fois, j’arrive à la maison vers 20 heures à cause de ces files d’attente interminables », confie-t-elle d’un air inquiet.

Certains gens en ont le ras-le-bol, jugeant inacceptable la situation. Ils préfèrent marcher à pied. C’est le cas de Didier que nous rencontrons du côté du parking des bus de Musaga. «J’ai comparé le temps que je passe à la file d’attente et celui mis quand je rentre à pieds. Le constat est intéressant : A pieds, il me faut moins de 40 minutes pour arriver à la maison. Mais quand je fais la queue, ça me prend entre 40 minutes et une heure. Je vous laisse réfléchir. Certains de mes amis préfèrent un taxi collectif qu’ils paient à quatre. A mon avis, c’est aussi une solution», relate-t-il

Où ça coince ? Selon Charles Ntirampeba, secrétaire général de l’Association des transporteurs du Burundi (ATRABU), la vétusté et l’insuffisance des bus de transport en commun sont au cœur de cette problématique burundaise qui s’enlise au fur des années. Ensuite, l’étroitesse des routes, ajoutée à l’augmentation continuelle du nombre de voitures privées qui font le même trajet créent des bouchons à ces heures précises. Ainsi, les quelques 5 à 7 km qui séparent le centre-ville du Kanyosha à 18 heures se feront en une heure et même plus. Pour cela, le retour de ces bus sur le parking ne se fera pas automatiquement, car ils ne peuvent pas revenir totalement vides et, à ce moment, peu de monde afflue vers le centre-ville.

En juillet 2019, des sociétés privées comme Memento et Soviteb ont essayé d’en finir avec ce problème. Elles ont alors introduit une dizaine de grands bus d’une capacité de plus de 60 personnes, chacun. En dépit de cela, le problème n’a pas du tout été résolu et les files d’attente persistent.

Une offre inférieure à la demande La croissance démographique est un des facteurs dont les responsables de la Mairie ne se seraient peut-être pas rendu compte. La population urbaine croit très rapidement. D’après des sources à l’hôtel de ville, elle s’élevait à 556.000 en 2010. Néanmoins, en seulement 10 ans, elle a presque doublé. Or, les moyens et les infrastructures ne suivent pas le même rythme. Une étude réalisée en 2018 par Global Consulting and Equipment Services (GCES) montre que l’offre disponible pour les transports en commun est de loin inférieure à la demande. Par ailleurs, le parc automobile de la capitale économique est dominé par les véhicules des particuliers (43,6 %), les motos et les tricycles (41,4 %). Les bus et les taxis en couvrent seulement 4,1 % face à une demande de 85 %. Ce qui justifie le problème de transport en commun à Bujumbura.

Pour rappel, en novembre 2017, le gouvernement avait validé un plan directeur de Bujumbura « vision 2045 ». L’objectif était en fait de moderniser la capitale économique. Dans le domaine des transports en commun, il était question d’offrir aux usagers du réseau routier un niveau satisfaisant de confort et de sécurité. Cependant, trois ans plus tard, on ne voit rien venir. Y aurait-il d’autres alternatives pour les prochains mois ? Wait and see !

Share this on WhatsApp A propos de l'auteur Bonaparte Sengabo.


Article publié le lundi 21 septembre 2020
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