general

8 Mars 2010 : Cinquantenaire des indépendances africaines : vers une prise en compte des besoins des femmes ? Ghislaine Sathoud

Il fut un temps où les Africains manifestèrent un enthousiasme débordant pour l’avenir de leur continent. Nos aînés décidèrent de reconquérir leur indépendance et rétablir leur honneur. Ce qu’ils firent avec brio.

Rappelons donc brièvement les faits : le 18 octobre 1946, des milliers de militants africains convergèrent vers Bamako où se tint un Congrès, qui peut être considéré comme un signe précurseur de la décolonisation de l’Afrique francophone. Des signes précurseurs, il y en a plusieurs. Tout comme d’ailleurs des personnages illustres qui façonnèrent l’architecture politique de l’Afrique. Ce fut une véritable explosion révolutionnaire !

Autres époque, autres combats, on constate des changements dans plusieurs domaines. Par exemple, pour en citer quelques-uns, ces dernières années les armes ont grondé et les conséquences sont dramatiques.
De nos jours, bon nombre de dirigeants politiques, usant et abusant de leur pouvoir, s’accordant des pouvoirs surhumains, instaurent un climat de terreur et confisquent la liberté d’expression de leurs citoyens.

Quels sont les moyens d’expression du peuple ? La presse jouit-elle d’une liberté entière pour rapporter les faits objectivement ? Ce qu’il faut retenir, c’est que beaucoup de responsables politiques brillent par leur obsession de vouloir museler toute parole dérangeante, toute forme de protestation de la population.

Concernant les indépendances africaines, il est tout à fait normal que les réalisations exceptionnelles en faveur du peuple fassent l’objet d’une promotion à grande échelle pour sensibiliser les masses. Les exploits de nos ascendants doivent être vus comme des rites initiatiques, et nous devons les découvrir pour renforcer notre sentiment d’appartenance à cette région dont l’histoire est parsemée d’horreurs.
Par les temps qui courent, les violations des droits humains se perpétuent, et les exemples sont nombreux ! En outre, les femmes ont de bonnes raisons d’émettre des craintes quant à leur sécurité. Par exemple, les viols de guerre laissent des séquelles indélébiles aux victimes. C’est la raison pour laquelle le ton monte pour combattre cette pratique ignoble : il faut que ça cesse !

Concernant les violences sexuelles, il est inadmissible que des individus, fussent-ils des dirigeants protégés par des immunités du fait de leurs fonctions, profitent de ce privilège pour commettre des actes crapuleux, imposer aux innocents des traitements inhumains et humiliants.
Pour aborder la question autrement, il faut impérativement réclamer la matérialisation des principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Pour tout dire, il y a bien des raisons de s’inquiéter sérieusement : ces influences négatives, au grand bonheur des personnes qui sont toujours réfractaires aux changements, tourmentent inexorablement les esprits jusqu’à freiner les élans passionnels et les ardeurs agressives de celles qui ont été inspirées par les valeurs égalitaristes et foudroyées par la fibre féministe.

C’est là, nous pensons, un nœud important qui ralentit sérieusement l’émancipation des individus d’une manière générale et plus particulièrement l’émancipation féminine.

En tout état de cause, la promotion des rapports égalitaires entre les sexes est une question de droits humains. Quoi qu’il en soit, comme on le sait, les coutumes ancestrales sont souvent défavorables aux femmes et aux filles. Alors il faut profiter de la commémoration du cinquantenaire des indépendances pour réfléchir sur des questions essentielles telles que la violence à l’égard des femmes et la lutte contre les discriminations sexistes.


Article publié le vendredi 3 septembre 2010