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Le Cameroun est absent du peloton de tête des nations les plus industrialisées d’Afrique. Selon le dernier classement de la Banque africaine de développement (BAD) couvrant la période 2010-2024, le pays pointe à une modeste 21e place. Un constat qui interpelle sur la stratégie de transformation locale face aux ambitions continentales de compétitivité.
Le constat est sans appel. Alors que le Cameroun ambitionne de devenir une puissance émergente, la réalité du terrain industriel, telle que captée par l’Indice d’industrialisation de l’Afrique (IIA) de la BAD, montre une marche encore haute à gravir. Avec un score de 0,5547, le « poumon » économique de la zone CEMAC se retrouve devancé non seulement par des géants comme le Maroc ou l’Afrique du Sud, mais également par des voisins plus petits, à l’instar du Gabon ou de la Guinée équatoriale.
Les freins d’une croissance en attente Comment expliquer ce retard ? Le diagnostic est connu des experts. L’économie camerounaise reste structurellement tributaire du secteur primaire. L’exportation de matières premières brutes — bois, cacao, pétrole — continue de dicter le rythme de la croissance, au détriment d’une transformation manufacturière créatrice de valeur ajoutée.
À cela s’ajoute un chapelet de difficultés persistantes : un coût de l’énergie élevé et une disponibilité parfois erratique, des goulots d’étranglement logistiques et une lourdeur administrative qui freine l’éclosion d’un tissu dynamique de Petites et Moyennes Industries (PMI). Malgré l’existence de zones industrielles à Douala, le pays peine à enclencher une industrialisation à grande échelle.
Le pari de la ZLECAf et des infrastructures Tout n’est cependant pas sombre. Pour inverser cette tendance, Yaoundé mise sur une stratégie de désenclavement et d’ouverture. La mise en service du port en eau profonde de Kribi est perçue comme un levier majeur pour booster les échanges. Par ailleurs, l’adhésion pleine et entière à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est désormais présentée comme le catalyseur indispensable pour accroître la compétitivité et attirer les investisseurs étrangers.
La transition vers une économie manufacturière n’est plus une option, mais une nécessité de survie économique. Si le Cameroun veut intégrer ce club restreint des vingt pays qui tirent l’industrie africaine vers le haut, il devra impérativement transformer ses atouts en produits finis. La réussite de ce pari déterminera, à terme, la place réelle du pays dans le concert des nations émergentes du continent.
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Article publié le mercredi 3 juin 2026
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