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ONG - Associations

Au sud-ouest du Niger, l’urgence silencieuse

 

L’arrivée de milliers de familles a bouleversé le quotidien de Tanda, une petite commune du département de Gaya dans la région de Dosso. Si ces personnes ont quitté leur foyer dans la précipitation, c’est pour échapper aux attaques de groupes armés qui se multiplient. Le département a aussi subi des crues qui ont aggravé les conditions de vie. Ici, la crise est discrète mais dévastatrice. 


 “ Nous étions fatigués et démunis, surtout avec un nourrisson. ”


Il y a deux mois, notre vie a basculé lorsque mon mari a été lâchement assassiné lors de l’attaque de notre localité, Baa. Le lendemain de cette attaque, ma coépouse et moi avons fui avec neuf enfants, sans rien emporter, pour trouver refuge à Tanda.


Zali Maazou a 30 ans. Elle est mère de trois enfants, dont un bébé de 5 mois. Elle raconte le traumatisme d’avoir quitté sa maison : “Nous étions fatigués et démunis, surtout avec un nourrisson. Les besoins étaient énormes, notamment pour l’hygiène.” 


Comme elle, des milliers de personnes sont plongées dans une urgence absolue : celle de loger, nourrir, protéger leur famille.






© SOLIDARITÉS INTERNATIONAL






Niger


Contexte et action


28,3 millions d'habitants


188ème sur 193 pays pour l'Indice de Développement Humain



56 690 personnes bénéficiaires






Dosso, nouvelle zone rouge d’insécurité et de déplacements


Depuis plus d’une décennie, le Niger affronte une crise humanitaire chronique, aggravée par l’insécurité dans les zones frontalières du Nigeria, du Burkina Faso, du Mali et du Bénin. La région de Tillabéri était jusqu’ici l’épicentre des déplacements, mais celle de Dosso est en train de devenir à son tour une zone rouge. Recrudescence des violences armées, braquages répétés, tensions intercommunautaires… Depuis 2024, la population vit avec la peur au ventre. En 2025, un autre choc s’abat sur le territoire : d’importantes inondations détruisent les habitations, les cultures, les latrines et contaminent les points d’eau. 


Des familles se retrouvent déracinées, chassées à la fois par les armes et par l’eau. Au 20 novembre 2025, la commune de Tanda – qui comptait 21 000 habitants jusque-là – accueille 16 874 personnes déplacées. Dans des villages déjà fragilisés, l’arrivée de ces familles pèse sur les ressources, les infrastructures et la cohésion sociale. 




Première réponse d’urgence à Tanda


SOLIDARITÉS INTERNATIONAL décide alors d’intervenir en urgence à Tanda. Des kits d’hygiène et de dignité sont attribués en priorité aux familles nombreuses et à celles qui comptent des personnes particulièrement vulnérables : enfants de moins de cinq ans, femmes enceintes ou allaitantes, personnes souffrant de maladies chroniques, veuves… 


À l’intérieur, des objets simples, mais vitaux : des seaux pour stocker l’eau, du savon, un balai pour nettoyer l’espace de vie, une bouilloire, un tissu filtrant, un gobelet, des sous-vêtements, des bandelettes hygiéniques pour les femmes, des moustiquaires pour se protéger du paludisme. Tout ce qui permet de réduire les risques de maladies, préserver l’intimité et la santé, et redonner un peu de contrôle sur le quotidien. 




Ne pas laisser Dosso dans l’angle mort de la crise nigérienne


À Dosso, la crise est silencieuse, moins médiatisée que dans d’autres régions du Niger, mais tout aussi profonde. Les besoins humanitaires y restent immenses et très insuffisamment couverts. L’enjeu, désormais, est clair : ne pas laisser Dosso dans l’angle mort de la réponse humanitaire, et accompagner durablement ces familles chassées de leur foyer. 




Photo d’en-tête : © Abdoul-Rafik Gaissa Chaibou / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL










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Article publié le Wednesday, June 3, 2026