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À propos du concours probatoire du Cafcp annulé: « … patientez pour les sanctions… On va justifier et prouver les sanctions qui vont tomber… », Ministre Salimane Karimou – Matin Libre
Au détour de l’atelier de réflexion sur les conditions d’organisation et de déroulement des concours probatoires du Cafcp et du Caip, le Ministre des Enseignement maternel et primaire Salimane Karimou s’est confié à Matin Libre sur l’annulation de l’édition 2020 du Cafcp et les perspectives. Lire l’entretien qu’il a accordé hier, lundi 12 juillet 2021, à votre Quotidien.

 

Monsieur le Ministre, un atelier pour réfléchir sur comment améliorer les concours Cafcp et Caip. Est-ce qu’au regard des interventions, vous vous dites qu’il fallait vraiment initier cet atelier ?

Salimane Karimou : Merci beaucoup ! Merci déjà pour votre participation. C’est à dessein que nous avons souhaité que vous soyez là. Pas tout simplement en reporter mais également en participant, pour que vous puissiez apporter votre contribution à l’objet que vous venez d’énumérer. Puisque notre préoccupation, c’est d’améliorer les conditions d’organisation de ces examens professionnels. Et comme je le disais, c’est des examens professionnels de taille parce que l’homme aspire toujours à améliorer ses conditions de vie  et également de travail. Alors, lorsqu’on a commencé comme enseignant simple instituteur, on a vocation à  devenir Directeur d’école et ça appel à  un examen professionnel. Après cela, on est appelé à devenir Conseiller pédagogique, c’est un examen professionnel, après ça on est appelé à devenir Inspecteur, c’est un examen professionnel. Mais les deux catégories là sont à la fois examen et concours professionnel. C’est selon les postes mis à concours que l’on traite. Qu’il vous souvienne qu’à la dernière session 2020, il y a eu quelques difficultés par rapport à certaines dénonciations. Des dénonciations qui sont avérées pour la plus part réelles. Vous allez le constater vous-même et j’ai demandé aux gens de ne pas nous demander d’aller faire sortir celui qui a donné de l’argent pour réussir et pour dire que moi j’ai donné de l’argent. Vous ne verrez jamais ça. J’ai dit également de ne pas demander à celui qui a pris de l’argent de dire moi j’ai pris de l’argent, vous ne verrez jamais ça. Mais les indices, les traces que nous avons aujourd’hui attestent que réellement, il s’est passé des choses. Ce qui s’est passé réellement, c’est comme ce que j’ai décrit tout à l’heure. Sur toute la ligne dans le processus, il y a un peu comme de la collusion. C’est-à-dire vous avez les mêmes qui forment, sont payés pour la formation mais au même moment qui interviennent dans le processus d’évaluation de traitement au niveau de la Direction des examens et concours. Donc, nous avons souhaité que nous puissions commencer par arrêter cela petit à petit. Ce n’est pas de la sanction. Quand quelqu’un a le niveau de former, il est libre de former dans le cadre qui lui convient, ce n’est même pas formalisé.  Il y a pas une demande, ce n’est pas une école qu’on ouvre. Voilà, nous sommes dans centre ici, quelqu’un qui a des relations avec le Directeur de l’école normale peut solliciter une salle de classe pour dire, moi j’ai des gens qui veulent bénéficier de mes connaissances en terme de formation. Donnez-moi une salle ici et puis il réunit ceux qu’il veut et puis ceux qui accèdent à cette condition participent. Comment fait-on pour qu’au niveau de l’examen même, celui là ne puisse pas se retrouver dans les mailles pour rechercher des avantages aux profits de ses candidats. Voilà ce pour quoi, nous sommes là aujourd’hui.

Mais quand on suit les représentants des Confédérations et centrales syndicales, la quasi-totalité n’est pas d’accord avec l’annulation. Est-ce qu’il ne fallait pas en amont échanger avec eux avant cette annulation ?

 Non, les rôles ne sont pas les mêmes. Les Centrales syndicales sont dans un rôle de défendre les intérêts des travailleurs et ça s’arrête là. L’administration est dans un rôle de gestion de l’administration, de gestion de l’administration à tout point de vue. On n’a pas besoin de prendre leurs points de vue pour prendre des décisions administratives. Que l’on prenne nos décisions administratives, qu’ils disent non ce n’est pas bon, ça va de soi. Donc, ils sont dans leur rôle. L’administration est dans son rôle de dire voici ce que nous faisons par rapport aux informations qui sont à notre disposition, par rapport aux données qui sont à notre disposition et on continue le chemin. Ne focalisez pas l’attention sur les Confédérations syndicales. Sur les trois qui sont intervenus, moi je dirai qu’il y a deux qui ont une position nuancée. Mais il y a une qui a une position tranchée pour dire qu’il n’est pas d’accord avec l’annulation. Les autres ont dit qu’il y a eu des problèmes qu’il faut pouvoir corriger. Je dirai même que la Cosi a été systématique pour dire que ça n’a pas marché, il faut pouvoir reprendre. Donc, quand vous prenez ces trois interventions par rapport à l’ensemble de ceux qui sont intervenus, j’ai noté il y a eu 15 intervenants et il n’y a que 3 qui sont allés dans ce sens-là.  Et les 12 autres, qu’est-ce que vous faites de leurs interventions ? Et c’est des sachants ça, c’est des gens qui sont du domaine, du secteur. Ça c’est le plus important pour nous. On ne s’attendait même pas à ça et ils sont des gens qui sont à même de comprendre le phénomène et ils sont partants pour ça.

Monsieur le Ministre, quand on suit bien les interventions, même du C/ Stec, c’est qu’il y a des soucis même dans le secteur et il a fallu d’abord annuler le concours avant de revenir en atelier. Là, on a eu le temps de faire des victimes, est-ce qu’il ne fallait pas anticiper déjà sur ces problèmes  pour ne pas faire ces victimes là aujourd’hui ?

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 Ne me dites pas qu’on fait des victimes. Je vous renvoie également à la notion de conscience individuelle, de libre arbitre. Les problèmes existaient toujours mais ne sont pas fait connaitre au grand jour. C’est pourquoi on a géré jusque-là. Et je l’ai dit tout à l’heure dans mes explications, il n’y a jamais d’examen à 100% propre. Il y a toujours des dispositions que les gens prennent et on annule lorsque c’est avéré qu’il y a eu fraude. Donc on n’a pas de soucis pour ça. On gère par rapport à ce que nous avons. Maintenant, quand ce cas s’est affiché à nous, quand ça s’est avéré au grand jour, il est utile et indispensable, de prendre les grandes mesures et c’est ça qui a révélé des choses. Moi je suis d’accord qu’il y a eu des dysfonctionnements. Des dysfonctionnements qu’il faut pouvoir corriger à partir de là. Maintenant, ce qu’on pourra corriger, c’est les sept là sur lesquels, les soupçons ont pesé et qui, disons, ont remis en cause, la réussite des quarante-trois autres. Ce que je leur ai dit, il y a quelques semaines au Ministère, j’ai dit que c’est des victimes collatérales et là, on ne peut rien contre. Même si c’était un seul qu’on avait dénoncé et qu’à partir de cet un seul il y avait des problèmes, on annule le tout et on reprend tout à zéro. Les quarante-trois autres, si c’était bon il y a un an, ils seront bons encore.

Les sanctions, les gens vous attendent surtout à ce niveau.

La sanction des auteurs. Là également, on aurait pu même dire qu’on va sanctionner les sept là. Parce que j’ai dit qu’au delà même des considérations d’ordre technique, l’État a mis des ressources financières dedans et il ne faut pas s’amuser avec les ressources de l’État. Donc, c’est plus de trente millions que l’État a investit, dans l’organisation là. On pourrait dire que ceux qui sont à la base de ça vont être poursuivis et rendre  gorge. Mais, ce n’est pas eux seuls. Au niveau de ma direction moi-même là, j’ai constaté qu’il y a eu des failles. C’est pourquoi, j’ai donné cet exemple. Le Directeur des examens et concours, quand il tire son épreuve, il est le seul à rentrer dans sa chambre noire. Aucun Ministre n’y va. Surtout chez nous là, chacun joue son rôle. Mais lui, quand il tire une épreuve, il connait l’auteur de l’épreuve, moi je ne le connais pas. Lui ne peut pas me proposer à signature sur une note là, quelqu’un qui est l’auteur de l’épreuve qu’il a titrée et qui passe. Ça veut dire qu’il est complice quelque part. Si ce n’est pas lui-même qui lui a proposé les noms, c’est quelqu’un qui lui a proposé les noms. Donc c’est une chaîne. Il faut se donner le temps de vérifier ces choses-là, avant de prendre des sanctions pour ne pas prendre des sanctions hâtives qui pourraient avoir des conséquences graves sur la vie des gens. Ce que les gens appellent déconvenues ou gêne, c’est l’admissibilité. Parce qu’après l’admissibilité, il y a une décision de mise en formation. C’est après un an de formation que vous avez la décision d’admission définitive. Donc tout ce qui s’est fait jusque-là, c’est toujours provisoire. On ne peut dire que c’est déjà des droits acquis, qu’on ne peut pas remettre en cause. Donc patientez pour les sanctions et vous allez voir. On va justifier et prouver, les sanctions qui vont tomber et chacun va se retrouver.

Un examen ou un concours se base sur des textes. On ne procède pas ici à la relecture de l’arrêté qui organise le concours. Quel poids donc donner à cet atelier ou aux conclusions de cet atelier ?

Ce qui est beaucoup plus attaqué ici, c’est le phénomène de collusion. C’est-à-dire, ça se retrouve dans la désignation des participants aux travaux. Ça, ce n’est pas un arrêté qui régit ça. C’est une note de service du Ministre qui désigne les participants à toutes les étapes du processus. L’arrêté décrit le cadre formel. Effectivement, les deux commissions ont suggéré que l’arrêté soit revu à travers son a article 14. Mais quand j’ai lu l’article en question, j’ai vu qu’il n’y a pas de problème là. Donc se mettre dans ce processus là, on ne finira pas avant deux mois. C’est un arrêté interministériel. C’est Memp, Fonction publique, Ministère des finances. Si on rentre dedans là, on ne peut pas finir le processus. Et les cinquante là, on a essayé de les racheter un peu. Sur les cinquante il y a un, si on n’organise pas le concours à la date du 21 août, le critère d’ancienneté va le frapper. Donc à cause lui-seul, on fait en sorte que dans mes notes que je vais prendre, j’aurai les critères désormais, qui permettront de prendre celui-ci ou celui-là. C’est tout ce qu’on veut faire. Mais ils vont trouver les critères pour qu’on ne dise pas après que le Ministre s’est basé sur quoi pour designer. Je ne l’avais pas dit, mais cet atelier est un atelier qui devrait intervenir, avant l’ouverture du registre, pour la session de 2021. C’est-à-dire, avant qu’on ne lance l’appel à candidature de 2021, après l’annulation. Voyez-vous, tel qu’on a parlé aujourd’hui, tout le monde était pratiquement à l’aise, sauf nos partenaires sociaux qui ne sont jamais satisfaits (sourire..). Donc les gens ont besoin d’être informés. Si on organisait ça, même les lauréats recalés, on aurait pu leur dire attention, voilà les conditions qu’on crée pour vous et ils n’auraient pas fait ce sit-in là, du 30 juin dernier. Donc ils seraient informés et savoir qu’il y a un clin-d’ œil pour eux. On leur a expliqué que la note de service là, n’a aucune valeur juridique. Déjà en son ent-ête, elle dit que c’est sous réserve des vérifications. Vous ne pouvez pas prétendre de cela et dire que c’est un acquis. Non ! Non ! Non ! On devrait le faire avant. Mais ils se sont précités. Je ne cache pas mes sentiments. Ce ne serait pas bien de ma part de dire que je n’étais pas informé. Pourtant, ils ont passé le communiqué sans que je ne voie. Puisque ça se gère entre la Direction technique et le Secrétariat général du Ministère. Donc, c’est la réaction que j’ai eue quand c’est passé et j’ai dû appeler pour dire mais, qu’est-ce que vous avez fait passer? Ils ont dit oui, oui oui. La Dec, elle étant toujours dans sa logique de la maison qui organise les examens et concours. Et le Ministre n’a rien y à voir. Je vous dis, je ne connais pas sa chambre noire. Je ne rentre pas dedans. Moi je vais seulement à l’application des textes. Eux autres, ils ont dit qu’ils ont appliqué l’arrêté, point terminé. Mais moi j’ai constaté que sur toute la ligne, même chez moi là, il y a des gens qui ont des centres et c’est en fonction de leurs centres là, qu’ils proposent des gens pour tels travaux, pour tels travaux. Donc, il faut mettre fin à ça. C’est ça qu’on a appelé collusion. Je vous remercie.

 

Propos recueillis par Janvier GBEDO


Article publié le mardi 13 juillet 2021
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