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C’est la dix-septième fois qu’Ebola frappe notre pays convoité par tous les pays voisins, la Chine et les USA.
Gaston Mutamba Lukusa Ce 15 mai, le gouvernement a annoncé la 17ème épidémie d’Ebola, issue de la souche Bundibugyo. La nouvelle épidémie touche les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, déjà déchirées par des conflits. L’Ouganda voisin, qui nous cause tant de misères depuis la chute du maréchal Mobutu, est également contaminé. Enfer et damnation!
Comme si cela ne suffisait pas, il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Le taux de létalité peut atteindre 50%. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une alerte sanitaire internationale. Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, affirme que, jusqu’à ce jeudi 28 mai, on compte 246 décès sur 1.028 cas suspects. L’épidémie progresse plus vite que la réponse internationale. Stupeur et tremblements!
L’alerte nationale a été donnée trop tard, à la suite d’une défaillance du système de santé. La maladie circulait dans la population depuis plus d’un mois, mais les agents de santé communautaire, démotivés, n’ont pas assuré le signalement des cas. Dans plusieurs localités, la population imputait les morts à la sorcellerie ou à des phénomènes surnaturels. Il n’est donc pas étonnant que des protestations aient éclaté contre l’enterrement sécurisé des personnes décédées d’Ebola. Il est arrivé que des foules retirent des cadavres à la morgue pour les enterrer sans aucune précaution. Enfer et damnation!
Un premier patient infecté par le virus responsable de l’épidémie a été déclaré guéri mercredi 27 mai. Il sera suivi plus tard par quatre autres. Les fonds destinés à contenir l’épidémie s’élèvent à environ 300 millions de dollars. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a atterri jeudi soir à Kinshasa, avant de se rendre le samedi 30 mai à Bunia, dans la province de l’Ituri, principal théâtre de cette 17e épidémie. Le conflit qui fait rage dans l’Est complique considérablement les efforts pour maîtriser l’épidémie. Le directeur général de l’OMS a ainsi appelé à un cessez-le-feu immédiat. L’arrêt de la transmission d’Ebola dépend en effet entièrement de l’accès humanitaire. Or, les affrontements en cours provoquent des déplacements massifs de population, poussent les personnes exposées au virus vers des camps surpeuplés et coupent des corridors essentiels au confinement.
Selon mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, plusieurs pays imposent des restrictions aux voyageurs en provenance de la RD Congo. La mobilisation nationale contre Ebola reste faible. Saperlipopette!
Une partie de l’attention publique semble davantage tournée vers le changement de la Constitution. Des pasteurs des églises de réveil passés maîtres dans l’art de sauver les âmes des défunts et de vider les poches des vivants sont entrés dans la danse alléchés par l’odeur de l’argent. Ils ont lancé une fatwa sur la constitution actuelle. Ils promettent une nouvelle constitution conçue avec l’aide du prophète Moïse. Ils minimisent même la gravité de l’épidémie et la présentent comme une distraction.
Mon ami qui est devenu fou rappelle qu’un mai 1997, les troupes du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angola appuyées par les Anglo-Saxons, sous le camouflage de l’AFDL, étaient aux portes de Kinshasa. Ces menaces immédiates n’ont pas reçu l’attention qu’elles exigeaient. Les dirigeants discutaient encore du partage équitable et équilibré des entreprises publiques.
On dit chez nous que celui qui n’écoute pas les conseils pourra un jour se présenter au marché avec de la merde sur son vêtement.
GML
Article publié le mercredi 3 juin 2026
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