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Les Pays-Bas sont un Etat de l’Europe de l’Ouest. Ils ont pour voisins l’Allemagne, à l’Est, et la Belgique au Sud. Au Nord et à l’Ouest, ils sont bordés par la mer du Nord. Leur population de souche est homogène. Ce sont des Néerlandais. Ils s’expriment dans une même langue, le néerlandais.
Les Néerlandais sont, de loin, culturellement et historiquement plus proches des Anglais – à l’origine du modèle de démocratie le plus répandu au monde – que ne le sont les Africains. Dans la construction de leur appareil politique, on se serait attendu qu’ils s’inspirent des Anglais comme l’ont fait les Français. Mais, comme l’a si bien écrit Julius Nyerere, l’un des rares dirigeants africains à n’avoir pas utilisé la fonction présidentielle comme un sésame pour se constituer une fortune personnelle sur le dos de son peuple, « la démocratie doit régner partout, mais elle doit se faire conformément à l’histoire, à la culture et au niveau de développement de chaque pays ». Bien avant la naissance de Nyerere, les Néerlandais étaient conscients de cette réalité. Aussi ont-ils développé une version originale du modèle démocratique consociatif ou consociationnel, en phase avec leur culture et leur histoire.
Background culturel
On connaît le célèbre proverbe associé aux Pays-Bas: « Dieu a créé le monde, mais les Hollandais ont créé la Hollande », référence à deux provinces du pays (Hollande méridionale et septentrionale). Une grande partie du territoire néerlandais se situe sous le niveau de la mer ou dans des zones marecageuses et inondables. C’est dire que cette partie du pays a été gagnée sur la mer grâce au travail humain dans la construction des digues, canaux, barrages ou polders (terres asséchées). Cette lutte historique et permanente contre la mer, qui exigeait l’implication de tous les bras disponibles, a créé une culture de coopération dans la société.
Background historique
Pendant longtemps (1917-1967), la société néerlandaise fut organisée en « pilarisation »(verzuiling en néerlandais). La population vivait dans des communautés parallèles appelées « piliers »: catholiques, protestants, socialistes et libéraux. Les membres de chaque pilier vivaient largement dans leur propre univers social, avec leurs écoles, journaux, syndicats, associations, hôpitaux, médias, clubs sportifs et partis politiques. Cependant, leurs élites collaboraient malgré leurs différences, pour diriger le pays, afin d’éviter les conflits sociaux et religieux. La démocratie consensuelle néerlandaise était ainsi née.
Plusieurs facteurs ont contribué à l’effondrement du système des piliers: sécularisation (baisse de la pratique religieuse), individualisme, modernisation de la société, télévision et médias nationaux, augmentation de la mobilité sociale, émergence de nouveaux mouvements politiques et culturels, etc. Mais en dépit de la « dépilarisation » de la société, la démocratie consensuelle, consociative ou consociationnelle reste en vigueur. Car, aux Pays-Bas, il n’y a pas d’opposition frontale ou de logique de gagnants contre perdants comme dans les démocraties majoritaires ou conflictuelles. La logique ici est celle de la culture du compromis ou de la nécessité de gouverner ensemble. Les Pays-Bas sont donc une démocratie consensuelle fondée principalement sur la représentation proportionnelle, les coalitions gouvernementales et l’héritage historique de la pilarisation.
Mais en Afrique, les élites continuent à croire que la démocratie majoritaire ou conflictuelle est l’unique horizon de notre temps alors même qu’elle discrédite, presque partout, le principe universel qu’est la démocratie. When will we ever learn? When will we ever learn?
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Ecrivain & ancien Fonctionnaire International des Nations Unies
Article publié le mercredi 3 juin 2026
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