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L’échec du patron de la FAF aux élections du ComEx de la FIFA le fragilise dans le bras de fer avec la tutelle : Le MJS a-t-il voulu que Zetchi se saborde ? | REPORTERS ALGERIE

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La correspondance a fuité dans la foulée de l’officialisation de l’échec de Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), dans sa quête d’un siège au sein du Conseil de la FIFA. Un « leak » qui a des allures de « on t’a prévenu et il faudra assumer ». Un énième indice qui montre que le patron de la FAF n’aura pas de bénédiction pour briguer un second mandat à la tête de l’instance fédérale. D’ailleurs, il pourrait fortement renoncer à s’y présenter.

Après le nouveau camouflet, les détracteurs ne se sont pas cachés. Des médias ont relayé la missive adressée par le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) à la structure footballistique concernant la postulation de Zetchi pour une place au sein de Comité Exécutif (ComEx) de la FIFA. Dans le contenu, on avait comme l’impression que le MJS mettait en garde Zetchi sur un éventuel échec dans ce concours. « Cette candidature, qui ne saurait se réduire au candidat concerné, engage la crédibilité de l’Algérie dans le concert des nations et nécessite par conséquent une préparation et une concertation préalables, une évaluation de ses chances de succès et la mobilisation du réseau diplomatique, a fortiori face aux candidatures égyptienne et marocaine, surtout pour une élection qui se déroule au Maroc », pouvait-on lire dans cette lettre datant du 12 novembre écoulé. L’habit de traître Le département de Sid-Ali Khaldi était plus frontal dans cette note en relevant que « postuler à la dernière minute en sollicitant l’accord de la tutelle au dernier jour de clôture de dépôt des candidatures procède manifestement d’une volonté d’imposer un fait accompli et d’embarquer l’Algérie dans une aventure hasardeuse, sauf à vouloir provoquer un refus prémédité.» Au final, Zetchi, en vertu de l’article 211 de la loi 13-05 du 23 juillet 2013 relative aux candidatures et la nécessité d’avoir le feu vert du COA et celui du MJS, a eu le « OK » des autorités qui avaient flairé la défaite à mille kilomètres à la ronde. Malgré tous les enjeux que cette démarche de la FAF cachait, personne n’a retenu Zetchi. Mais il était attendu au tournant en cas de défaite. Finalement, il a décidé de se retirer sans aller au combat. Le mal était déjà fait. L’humiliation a été consommée par le successeur de Mohamed Raouraoua qui a vu Fouzi Lekjaâ (Maroc) et Hani Abo Rida (Egypte) être élus. Suffisant pour déclencher une cabale médiatique qui va au-delà du simple cadre sportif avec des allures politiques données à cet épisode. On a même parlé de « ligne rouge dépassée » en votant contre l’intégration du Sahara occidental au sein de la CAF. L’amplification d’un échec électoral pour le promouvoir au rang de trahison. Machination, diffamation et plainte L’apparition de la correspondance du MJS est loin d’être anodine, car elle est venue déclencher une machination que la FAF a qualifiée de diffamation. D’ailleurs, du côté du siège de Dely Brahim on a révélé, dans un communiqué paru hier sur le site de l’instance, que « la Fédération algérienne de football a décidé de saisir la justice pour diffamation au sujet de l’information colportée par le journal Ennahar Online au sujet d’un prétendu vote lors de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) de la Confédération africaine de football (CAF) contre la République arabe sahraouie démocratique (RASD) » non sans qualifier cette attitude d’« irresponsable qui n’honore pas son auteur ni le média à travers lequel il s’est exprimé ne restera pas sans suite puisque toutes les institutions de l’Etat seront saisies à ce sujet, en plus de la justice.» Plus tôt, dans la nuit de samedi, la FAF avait précisé que « lors de la 43ème session de l’Assemblée générale ordinaire de la Confédération africaine de football (CAF), tenue le 12 mars 2021 à Rabat (Maroc), le Président de l’instance fédérale, M. Khireddine ZETCHI, n’a jamais voté en faveur de la modification statutaire présentée lors des travaux, tout comme il s’est abstenu de valider le bilan financier tel qu’il a été présenté.» Aucune séquence de l’AGO de la CAF n’accable Zetchi La révision, par nos soins, de la vidéo de l’AGO de la CAF, tenue vendredi écoulé, au Maroc ne trouve pas de séquence qui accable Zetchi. Mieux encore, on a pu constater que tous les membres de l’Assemblée n’ont pas voté. Cependant, la remarque du désormais ex SG de la CAF, le Marocain Abdelmounaim Bah, peut induire en erreur. L’intérimaire de Mouad Hajji, remplacé par le Congolais Veron Mosengo-Omba, avait déclaré : « tous les votes exprimés sont favorables ». C’est pour dire que certains n’ont pas exprimé leur voix. Zetchi en fait, manifestement, partie. Par moments, il faut bien contextualiser la situation. Oui, le boss de la FAF a fait preuve d’un amateurisme et de maladresse dans une quête perdue d’avance. Cependant, mettre ce revers cuisant dans un moule de haute trahison est de la manipulation pure et simple. Il n’y a pas eu mort d’hommes et ce n’est pas comme si l’honneur de l’Algérie reposait sur les épaules d’une personne qu’on veut salir de toutes les manières qui soient.


Article publié le lundi 15 mars 2021
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