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Une délégation du mouvement palestinien à Alger : Forcing diplomatique du Hamas et des questions sur l’Autorité palestinienne - REPORTERS ALGERIE

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Les chefs du Conseil de la nation (Sénat) et de l’APN, Salah Goudjil et Brahim Boughali, ont reçu, hier, séparément, une délégation du Hamas palestinien. Cette délégation était conduite par Zaher Jabarin, figure importante au sein du mouvement et responsable du dossier des «prisonniers et des martyrs».

Par Lyes SakhiSa présence en Algérie intervient quelques semaines à peine après la tenue à Alger d’un sommet de la Ligue arabe dont l’ordre du jour a été consacré principalement à la question palestinienne et au projet de réunifier les rangs des factions palestiniennes. En un mot, relancer l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et tenter de lui redonner la légitimité et la combativité dont elle jouissait durant les années soixante-dix, période considérée comme l’âge d’or de la résistance palestinienne contre Israël pour le droit à un état indépendant et souverain.Les discussions entre les chefs des deux chambres du Parlement algérien n’ont pas donné lieu, côté algérien, à des indications permettant de connaître quels ont été les messages portés par la délégation du Hamas palestinien, qui cherche depuis la fin du sommet arabe d’Alger, à faire le forcing politique et diplomatique dans plusieurs capitales arabes pour pousser à l’application de la «Déclaration d’Alger». Mais des analystes considèrent que ces entretiens, qui ont porté selon certaines sources sur un échange d’information sur la scène palestinienne actuellement et l’évolution de la relation des factions signataires de la «Déclaration» avec le Fatah de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, étaient attendus. Ceci, dans la mesure où l’Algérie préside la Ligue arabe et le chef de l’Etat, M. Tebboune, s’est engagé à ce que cette présidence serve au mieux les intérêts palestiniens.Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience, M. Jabarin a d’ailleurs fait savoir que la réconciliation palestinienne, initiée et parrainée par le Président Tebboune, avait été au centre des discussions, assurant que le mouvement Hamas mobilisait tous les moyens susceptibles de mener à bien cette initiative. «Grâce aux efforts du Président Tebboune, nous réaliserons assurément cette unité, qui relève de l’intérêt du monde arabo-musulman, et de celui de la cause palestinienne», a-t-il dit en prolongement d’une déclaration de son mouvement, samedi 12 novembre à Beyrouth.Dans la capitale libanaise, à la suite d’une rencontre d’une délégation conduite par le vice-président de son bureau politique à l’étranger Moussa Abou Marzouk et le président du Parlement libanais Nabih Berri, le Hamas a salué la «Déclaration d’Alger» et la Conférence d’«unification des factions palestiniennes», soulignant que l’étape actuelle exigeait la fin des différends pour se consacrer à la lutte contre les plans de l’occupation.Aller au bout des engagementsIl reste maintenant à savoir quelle attitude aura le Fatah, certes signataire de la «Déclaration d’Alger» qui l’engage à tenir des élections en octobre 2023 pour clarifier la question de la représentation politique palestinienne, mais dont le leader et président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n’a pas encore semblé donner de véritables gages quant à son intention d’aller jusqu’au bout de cet engagement.Certes, la délégation du Hamas qui s’est déplacée à Alger l’a fait pour faire le point sur la question des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes – Zaher Jabarin a évoqué le cas du plus ancien détenu, Nael Al-Barghouti qui a bouclé, dimanche 20 novembre, ses 43 ans d’incarcération avec plus de 5000 détenus, en plus d’une centaine de combattants palestiniens gardés au niveau des morgues au sein des prisons sionistes – mais elle ne pouvait pas évoquer les développements récents au niveau de l’Autorité palestinienne et son président Mahmoud Abbas soupçonné de maintenir un statu quo qui sert les intérêts israéliens et pourrait faire barrage à des élections qui peuvent lui être fatales en raison de son impopularité non pas seulement à Gaza mais jusque dans les enclaves palestiniennes sous le contrôle du Fatah et dans les territoires occupés.Pour certains, avec l’impopularité grandissante de Mahmoud Abbas et le climat quasi insurrectionnel en Cisjordanie, c’est l’idée même du maintien de l’Autorité palestinienne qui est posée, notamment par les Etats-Unis. Selon le journal israélien Times of Israël, un haut responsable de l’administration du président américain Joe Biden a exhorté les responsables israéliens à «renforcer l’Autorité palestinienne», mettant en garde contre «les craintes croissantes qu’elle soit sur le point de s’effondrer».Il s’agit de Hadi Amrou, le sous-secrétaire d’État américain adjoint aux affaires israéliennes et palestiniennes, qui a déclaré lors de réunions avec des responsables israéliens, dont des officiers supérieurs de l’armée, que les États-Unis «attendent d’Israël qu’il aille de l’avant avec les projets qu’il a précédemment promis pour améliorer la vie des Palestiniens et renforcer l’économie palestinienne». L’administration américaine a fait pression sur Israël l’année dernière pour qu’il prenne des mesures pour consolider l’autorité, estimant qu’il «commençait à traverser une situation politique et économique dangereuse et sans précédent, qui pourrait conduire à son effondrement éventuel». <


Article publié le mardi 22 novembre 2022
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