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Kinshasa: Une taskforce dédiée à la salubrité et à l’assainissement de la capitale

Cette mission est particulièrement complexe. Elle est comparable au nettoyage des écuries d’Augias. Kinshasa la capitale produit environ 15.000 tonnes de déchets par jour. Seuls 10% sont collectés de manière organisée. Ceci expliquant cela : inondations,  pollution des rivières, maladies hydriques, prolifération des dépotoirs sauvages, émissions de méthane et insécurité sanitaire. Aux grands maux, de grands remèdes, dit-on. Il a donc été décidé de se passer des services de la défaillante Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN) en recourant au  Service national, une structure paramilitaire qui s’est distinguée dans la formation civique et professionnelle des jeunes délinquants appelés désormais Bâtisseurs. Près de 5.000 bâtisseurs seront déployés pour un assainissement intensif. La crainte est qu’ils ne redeviennent des délinquants qu’ils étaient hier s’ils ne sont pas bien rémunérés.


Gaston Mutamba Lukusa Au cours du Conseil des ministres du 29 mai, le gouvernement a décidé de créer une taskforce pluridisciplinaire chargée de la salubrité et de l’assainissement de Kinshasa. Placée sous l’autorité directe du président de la République, elle sera dirigée par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. Parmi ses missions figurent l’élaboration d’un plan permanent d’assainissement, l’identification et le traitement des points critiques d’insalubrité, la mise en œuvre de mesures de discipline urbaine et de civisme environnemental, ainsi que la sensibilisation de la population.


Outre les experts du Service national, elle réunira des représentants de la présidence, des ministères de l’Intérieur, de la Défense nationale, de l’Urbanisme et Habitat, de la Santé publique, de l’Environnement, des Infrastructures et Travaux publics, ainsi que de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Enfer et damnation! Cette mission est particulièrement complexe. Elle est comparable au nettoyage des écuries d’Augias. Stupeur et tremblements!


Pour ceux qui ne le sauraient pas, dans la mythologie grecque, les étables du roi Augias étaient restées sans entretien pendant des décennies. Il y avait là des milliers de tête de bétail dont le fumier s’était accumulé pendant plus de 30 ans. Elles étaient envahies par une accumulation considérable de fumier. Saperlipopette! Hercule reçut la tâche, apparemment impossible, de les nettoyer en une seule journée. Il y parvint non par la force, mais par l’ingéniosité. Malin comme un cancrelat, il détourna deux fleuves (l’Alphée et le Pénée) pour les faire traverser de force par les écuries. L’eau emporta toute la crasse. Bref passons!


D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, la capitale ou ce qu’il en reste produit environ 15.000 tonnes de déchets par jour. Seuls 10% de ces déchets sont collectés de manière organisée. Ceci expliquant cela: inondations, pollution des rivières, maladies hydriques, prolifération des dépotoirs sauvages, émissions de méthane et insécurité sanitaire. Aux grands maux, de grands remèdes, dit-on. Il a donc été décidé de se passer des services de la défaillante Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN) en recourant au Service national, une structure paramilitaire qui s’est distinguée dans la formation civique et professionnelle des jeunes délinquants appelés désormais Bâtisseurs. Près de 5.000 bâtisseurs seront déployés pour un assainissement intensif.


La crainte est qu’ils ne redeviennent des délinquants qu’ils étaient hier s’ils ne sont mal payés. Mon ami qui sait tout affirme que Kinshasa subit le processus de ruralisation. Seulement 6,4% de la ville est correctement desservie en infrastructures urbaines. Le réseau d’égouts est quasi inexistant. Kinshasa se transforme en cloaque à la moindre pluie. Et pourtant il existe dès août 2024, le Plan d’assainissement et de développement de Kinshasa (Kinshasa Ezo Bonga) soutenu par l’ambassade des Pays-Bas avec 150 millions de dollars. Il y a aussi le projet Kinshasa Elenda, un projet de développement multisectoriel t de résilience urbaine financé par la Banque mondiale à hauteur de 500 millions de dollars.


On dit chez nous que le problème ne cherche personne. C’est la personne qui cherche le problème.


GML





Article publié le mercredi 1 juillet 2026
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