Souvent perçue comme un simple outil de loisir ou de convivialité entre amis, la chicha séduit de plus en plus de jeunes en Guinée, notamment dans les espaces de détente. Son goût parfumé, son image « tendance » et la croyance selon laquelle elle serait moins nocive que la cigarette contribuent à sa popularité. Pourtant, cette perception est loin de la réalité. Derrière les volutes de fumée se cachent de nombreuses substances toxiques qui peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. Les professionnels de santé alertent constamment sur les risques respiratoires, cardiovasculaires et cancéreux liés à cette pratique, encore largement sous-estimée.
Pour de nombreux consommateurs, le passage de la fumée à travers l’eau donnerait l’impression que celle-ci est purifiée, et donc moins dangereuse. Une idée reçue que réfute catégoriquement le Dr Ben Youssouf Keïta. Dans un entretien accordé à Guineematin.com, ce praticien a rappelé que la chicha est aussi nocive que la cigarette.
« La chicha et la cigarette ont pratiquement les mêmes compositions chimiques : elles contiennent toutes deux du goudron, de la nicotine et d’autres substances toxiques tel le monoxyde de carbone. La différence réside surtout dans le mode de consommation, car la fumée de chicha passe par l’eau sans éliminer totalement les substances nocives. De plus, une séance de chicha dure beaucoup plus longtemps qu’une cigarette, ce qui entraîne une inhalation plus importante de fumée et donc davantage de substances toxiques », a-t-il expliqué.
Au-delà de la dépendance liée à la nicotine, la chicha expose ses adeptes à plusieurs maladies parfois irréversibles. Les conséquences ne se limitent pas aux poumons : l’ensemble de l’organisme peut être affecté.
« La chicha peut provoquer des bronchites, réduire la capacité respiratoire et favoriser à long terme des cancers. C’est le même risque que la cigarette. Elle peut aussi transmettre des infections virales à cause du partage d’embouts. En fin de compte, cette pratique expose à de graves maladies, y compris le cancer », a déclaré Dr Ben Youssouf Keïta.
Si les structures sanitaires ne constatent pas encore une forte augmentation des cas directement attribués à la chicha, les spécialistes restent particulièrement préoccupés. Pour eux, il ne s’agit que d’une question de temps avant que les effets de cette consommation ne deviennent plus visibles dans les hôpitaux.
« Pour le moment, nous ne recevons pas encore beaucoup de cas liés directement à la chicha, car c’est un phénomène récent. Mais avec l’augmentation de sa consommation, nous risquons dans les prochaines années de voir apparaître davantage de maladies respiratoires comme l’asthme, les bronchites, la baisse des capacités pulmonaires et même certains cancers. Il est donc important de prévenir dès maintenant avant que la situation ne s’aggrave », a souligné Dr Ben Youssouf Keïta.
Face à cette progression de la consommation de chicha, particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes, Dr Ben Youssouf Keïta appelle à une mobilisation collective. Il estime que la sensibilisation des populations doit aller de pair avec un renforcement des mesures de prévention.
« La chicha ne nourrit pas et n’apporte aucun bénéfice à l’organisme. Elle est comparable à la cigarette et peut causer de nombreux problèmes de santé à long terme. J’invite les jeunes à éviter cette pratique et les autorités à renforcer les mesures pour limiter sa consommation afin de protéger la jeunesse. Un pays ne peut se développer sans une jeunesse en bonne santé », a-t-il indiqué.
Mariama Bah pour Guineematin.com
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Article publié le dimanche 28 juin 2026
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