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OUGANDA : Boby Wine joue-t-il les martyrs ? - Editions Le Pays
OUGANDA : Boby Wine joue-t-il les martyrs ? Depuis le 3 septembre dernier, l’opposant ougandais Bobi Wine est à la Une. En effet, suite à une altercation avec la Police, le poil à gratter du président Yoweri Museveni a été blessé à la jambe. Alors que ses partisans accusent les flics de lui avoir tiré dessus, la police affirme que la blessure de mister Wine est consécutive à une chute. Qui des deux camps dit la vérité dans cette affaire? Certes, une enquête est ouverte mais l’on se demande à quoi elle pourrait aboutir et à quoi elle servirait dans un pays où seule vaut la volonté d’un seul homme. En tout cas, l’on attend de voir la suite qui sera réservée aux évènements du 3 septembre.  En attendant, ces évènements traduisent, à suffisance, une animosité permanente entre le régime de l’ex-guérillero devenu un potentat et la star du reggae devenue opposant politique numéro un qui aura réussi à s’attirer la sympathie de ses compatriotes.  Et ce n’est pas tout. La communauté internationale, à commencer par le pays de l’Oncle Sam, tombe sur le charme de ce dernier qui empêche le tout-puissant Museveni de se mouvoir en toute tranquillité, dans sa « bananeraie ».  En effet, on ne compte plus le nombre de fois où l’homme a été arrêté, emprisonné ou embastillé.

 

Museveni a perdu la bataille de l’opinion contre Bobi Wine

 

De façon consciente ou inconsciente, Youwéri Museveni, avec ses méthodes spartiates et son aversion pour la démocratie et l’Etat de droit, a réussi à fabriquer un héros auquel s’identifient désormais les jeunes Ougandais et Ougandaises épris de liberté, de bonne gouvernance et aspirant au changement dans leur pays. Sans doute, Bobi Wine aurait remporté la présidentielle de 2021 si les conditions de transparence étaient réunies. Cela dit, il convient de saluer l’approche stratégique du député de Kyadondo au Centre de l’Ouganda qui aura su profiter des erreurs de Museveni qui rêve d’une succession dynastique au sommet, en surfant notamment sur la victimisation. Les évènements du 3 septembre répondent certainement à cette logique. Car, connaissant la brutalité du régime ougandais, la star du reggae savait pertinemment que son cortège fera l’objet de blocage qu’il pourrait exhiber à la face de son peuple et du reste du monde et cela, pour montrer jusqu’à quel point Musevenu a verrouillé les espaces. En tout cas, on peut dire aujourd’hui, sans risque de se tromper que l’actuel président a perdu la bataille de l’opinion contre Bobi Wine qui semble se complaire dans un rôle de martyr politique.

 

 

Michel NANA


Article publié le jeudi 5 septembre 2024
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