Actualites
Danièle Luyckx :
Beaucoup d’internautes connaissent votre œuvre photographique, mais qu’en est-il de votre personnalité d’artiste ?
Tout d'abord, je vous remercie de m'accueillir sur votre site et me permettre d'exprimer ma passion africaine. Passion pour la terre africaine,mais surtout pour les Africains, pour leur sens de la vie et de la joie, pour leur dignité et aussi pour leur beauté. Cependant, l'amour n'est pas synonyme d'angélisme et il ne faut pas nier les dures réalités africaines.
Vous me faites l'honneur de me qualifier "d'artiste", mais je ne me considère que comme "amateur" (amator : qui aime, qui a de l'amour). Je me sens très humble quand je vois les talents de vrais photographes. Il ne faut pas me parler "technique". Mes images sont souvent prises rapidement, à"la volée"(mais jamais volées) à la recherche de moments d'échanges. Mon "petit talent" s'est révélé avec ma découverte de l'Afrique. Ce fut un véritable choc d'images, de couleurs et une histoire d'amour qui commençait avec ce continent.
L’Afrique que vous nous décrivez est-elle un choix ou un hasard dans votre parcours existentiel ?
Ma rencontre avec l'Afrique s'est faite par hasard. J'ai toujours beaucoup voyagé et je dois avouer que l'Afrique ne m'attirait pas, pensant qu'il n'y avait rien à y voir ! J'ai posé pour la première fois le pied en Afrique noire sur la fascinante Namibie. Puis ce fut la révélation du Sénégal et la rencontre avec sa population si chaleureuse et généreuse. Depuis cette passion n'a cessé de s'amplifier. Au cours de ces dernières années, chacun de mes voyages en Afrique a été source de rencontres au hasard des routes, des marchés, des villages.
De l'Atlantique et la Méditerranée à l'Océan Indien, des portes du Sahara au désert du Namib, des lointaines vallées d'Ethiopie aux monts Mandara du Cameroun, j'ai traversé une quinzaine de pays d'Afrique (y compris le Maghreb) et découvert de nombreuses ethnies qui témoignent si bien de la diversité et de l'humanité de ce continent.
Mon premier choc émotionnel a été d'ordre esthétique.Je veux montrer le meilleur de l'Afrique et essayer de faire partager ma passion pour ce continent trop souvent maltraité par l'actualité. L'Afrique ne se résume pas aux guerres, au sida ou aux famines. En Afrique, j'ai été éblouie par la beauté des gens, la noblesse du maintien des femmes, l'explosion des couleurs et le sens de la parure et de l'élégance.
Ma récompense est de lire dans le livre d'or d'une de mes expositions :"donne envie de partir en Afrique!"
L'Afrique fascine. Elle nous invite au retour aux sources. Elle nous remet dans le droit chemin de la vie et nous apprend à relativiser un certain nombre de choses. Elle nous réapprend certaines valeurs essentielles que nous avons oubliées.
Vous êtes femme et photographe sur un continent qui n’a pas toujours eu la réputation d’être très ouvert au féminisme. Comment vivez-vous cette relation avec les pays que vous photographiez ?
Le problème de la situation de la femme en Afrique est complexe et me touche beaucoup.
Je trouve la femme africaine admirable!
Levée tôt le matin, elle pile le grain,va chercher l'eau et le bois, parfois après de longues heures de marche, s'occupe des enfants,prépare le repas et souvent avec un enfant dans le dos. Mais elle travaille aussi aux champs avec les hommes, ou va vendre au marché quelques tomates ou piments... et tout cela dans la bonne humeur!
Largement exclues du pouvoir, les femmes sont
Article publié le vendredi 4 février 2005

Voir tous les produits



