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Où est cette France Black-Blanc-Beur ?

Publié le mardi 29 novembre 2005 par Webmaster

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Telle est la question que se pose Brice Arsène MANKOU, journaliste qui vient de publier aux Editions Cultures Croisées un livre intitulé : Pour une France Multicolore, l’exemple d’Evry. Fruit d’une longue enquête menée dans les banlieues difficiles et les cités comme les Pyramides à Evry, l’auteur devant la crise dans les banlieues françaises marquée par les incendies des véhicules estime que les discriminations, les injustices demeurent les causes profondes de ces émeutes qui ont profondément ému les français. Au cours de l’entretien que nous avons eu avec lui, il évoque les questions liées à l’immigration, aux discriminations et à l’intégration des Noirs en France.


Vous êtes loin de votre pays d’origine, le Congo-Brazzaville, comment vous sentez-vous en France
*** Je vous remercie infiniment pour cette interview. Il est évident, pour répondre directement à votre question que lorsqu’on quitte son pays pour s’établir à l’extérieur, on a toujours le mal du pays et donc forcément on se sent dépaysé, déboussolé, car il s’agit de s’inventer un autre monde, d’autres types de relations avec les gens du pays. En France, personnellement, je n’ai pas tellement connu cela, car j’ai quatre frères installés ici et donc l’accueil, la chaleur familiale ne m’ont pas fait défaut. Ce qui n’est pas le cas pour tout le monde, imaginez un jeune qui vient pour ses études pour la première fois en France et quelques fois dans une ville où il est parmi les rares africains, vous conviendrez avec moi, que ce dernier aura du mal à s’insérer dans la société française qui est une société remplie de non-dits, d’interdits, de sous-entendus. Bref, une société dans laquelle, lorsqu’on ne maîtrise pas les codes de base, on est perdu. Lorsqu’on arrive nouvellement dans ce pays, on est tout de suite frappé par la « paperasse » qui caractérise son administration. Et à partir de ce monde commencent les angoisses, le stress. Pour compléter le tout, il faut même pour aller régler sa situation administrative, prendre rendez-vous et lorsqu’on n’honore pas son rendez-vous, on risque de se retrouver sans papier et donc ennemi de la Police. Personnellement, je considère qu’en France, je suis à l’étranger certes, mais aussi chez moi, car je me définis comme citoyen du monde et francophile, car je parle et écris la langue française qui au Congo-Brazzaville, est la langue officielle.

Avez-vous le sentiment de vivre en terre étrangère ?
*** Non ! Absolument pas, dans la mesure où mon pays le Congo-Brazzaville a une histoire particulière avec la France. Vous savez que Brazzaville a été la capitale de la France Libre et que c’est de Brazzaville que le Général de Gaulle prononçât le discours donnant lieu à l’Indépendance de plusieurs pays africains. C’est d’ailleurs à juste titre, qu’il fut baptisé « L’homme de Brazzaville ». Et mes ancêtres ont fait l’Armée Française, ils ont versé de leur précieux sang pour libérer la France lors de l’occupation. Ils ont contribué à construire les routes, les hôpitaux, le métro. Ils étaient français et son entrés dans ce pays sans visa, en débarquant au port de Marseille. Je suis leur descendant, et donc je n’ai pas le sentiment de vivre en terre étrangère. N’en déplaisent aux racistes et à ceux qui veulent occulter cette partie mémorable de notre histoire commune faite de plaisirs mais aussi de larmes et des armes. Je suis d’ici et d’ailleurs.

Vous venez de publier un deuxième ouvrage, peut-on savoir ce qui vous a motivé à l’écrire ?
*** Comme je l’ai dit, je me considère aussi Français jusqu’au bout des ongles. Mes parents nés avant l’Indépendance étaient fils et filles de la République. S’ils étaient en France, ils demanderaient non pas la naturalisation, mais la réintégration à la nationalité française. Devant le sentiment d’injustice, devant les nombreuses discriminations dont sont victimes les immigrés en France, j’ai entrepris, non pas d’incendier des voitures et de mettre feu aux entreprises, mais d’écrire pour dénoncer
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