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Soudan du Sud : le spectre de la famine recommence à peser sur la population | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo
Plus de six millions de personnes, soit plus de la moitié de la population sud-soudanaise, vivent dans une insécurité alimentaire accrue. Cent cinquante mille d’entre elle, reparties dans onze comtés des Etats de Jonglei, du Haut-Nil, de l’Unité et de l’ouest du Bahr el Ghazal, pourraient être frappées par la famine d’ici à la fin de l’année. C’est ce qu’indique un rapport des Nations unies et du gouvernement sud-soudanais, publié le 9 avril.

« Ce sont des niveaux sans précédent d’insécurité alimentaire. Les projections sont frappantes. Si nous les ignorons, nous serons confrontés à une tragédie grandissante », a déclaré  Ross Smith, responsable des opérations pour le Programme alimentaire mondial des Nations unies, à l'"Associated press".En 2017, la nation la plus jeune du monde s’est déclarée en état de famine dans deux comtés où étaient touchées cent mille personnes. Mais face à une réponse adéquate et rapide des Nations unies, la crise a été évitée et l’alerte levée en juin dernier.

Avec la récente reprise des combats entre rebelles et forces gouvernementales, la situation s’est dégradée de plus en plus dans un pays déjà ravagé par cinq ans de guerre civile, après sa scission et son indépendance du Soudan en 2011. Actuellement, au Soudan du Sud, une personne sur trois a été délogée de son domicile par des combats, entraînant au passage une baisse drastique de la production céréalière, principal aliment de la population.

Une solution politique pour mettre fin à la criseLes travailleurs humanitaires pensent que si la situation n’évolue pas, plus de  trente comtés pourraient faire face à une insécurité alimentaire sévère d’ici à mai, nécessitant alors une assistance à grande échelle. « Les projections sont frappantes. Si nous les ignorons, nous serons confrontés à une tragédie grandissante », prévient Serge Tissot, représentant du FAO au Soudan du Sud. « La seule solution, est une solution politique aux combats, qui permettra à la population de revenir à la terre et donc de reconstruire sa vie » indiquent les humanitaires.L’an dernier, le président Salva Kiir a ordonné un accès illimité aux groupes d’aide, mais selon les travailleurs humanitaires, la situation n’a pas changé et pire encore, la saison sèche actuelle pourrait aggraver la situation.« Les violations continues des droits humains, y compris le blocage de l’accès à la nourriture par le gouvernement et les forces de l’opposition, ont conduit à une grave insécurité alimentaire », a déclaré Alicia Luedke, chercheuse pour l’ONG Amnesty international. 


Article publié le mercredi 11 avril 2018
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