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RSF dénonce la condamnation de 25 journalistes turcs à des peines de prison | RSF
Un tribunal turc a condamné 25 journalistes turcs à des peines allant de deux à sept ans et demi de réclusion. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un procès de masse politique à l’égard des journalistes turcs d’opposition. Le verdict est tombé en fin d’après-midi du 8 mars : seul un des 26 journalistes a été acquitté des accusations. Des peines d’emprisonnement allant de deux à sept ans et demi ont été ordonnées à l’égard des 25 journalistes reconnus coupables d’“appartenance” ou “soutien” au mouvement Gülen, considéré en Turquie comme “organisation terroriste”.



“Nous dénonçons ce verdict qui relève de l’arbitraire politique plutôt que de la justice, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Avec ce jugement, il faudra constater que tout vestige de l’État de droit a disparu en Turquie. Nous demandons de nouveau la libération immédiate de tous les journalistes condamnés arbitrairement.”



Neuf journalistes, dont Ahmet Memiş, Ali Akkuş, Orhan Kuloğlu, Mustafa Erkan Acar, Oguz Usluer, Davut Aydın, Ufuk Şanlı, Yetkin Yıldız, Cuma Ulus, ont été condamnés à la peine la plus grave de 7 ans et 3 mois de prison pour “appartenance à une organisation terroriste”, et 14 autres journalistes* ont écopé de 6 ans et 3 mois de réclusion pour le même motif.



Le chroniqueur du journal Meydan Daily Atilla Tas a reçu une peine de 3 ans, un mois et 15 jours de prison pour “soutien à une organisation terroriste, sans en faire partie”. Le journaliste Murat Aksoy a écopé à son tour de 2 ans et un mois d’incarcération pour le même chef d’accusation.



Le tribunal a également ordonné l’arrestation immédiate de l’ancien rédacteur du quotidien Zaman, Ali Akkuş, qui avait été remis en liberté conditionnelle au cours du procès. Seul le journaliste Muhterem Tanik a été acquitté des accusations portées contre lui. La plupart des journalistes accusés ont dû passer plus d’un an et demi en détention provisoire en attendant le verdict.



La Turquie occupe la 155e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2017 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch du 15 juillet 2016 : près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et le pays détient le record mondial du nombre de journalistes professionnels emprisonnés.



* Cihan Acar, Bünyamin Köseli, İbrahim Balta, Bayram Kaya, Cemal Azmi Kalyoncu, Habip Güler, Büşra Erdal, Mutlu Çölgeçen, Ünal Tanık, Yakup Çetin, Seyid Kılıç, Hüseyin Aydın, Abdullah Kılıç, Gökçe Fırat Çulhaoğlu


Article publié le vendredi 9 mars 2018
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