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Faure Gnassingbé sème les germes de la division et de la haine dans le but de dresser l’armée contre le peuple
Faure Gnassingbé sème les germes de la division et de la haine dans le but de dresser l’armée contre le peuple – 15 novembre 2017 CAP2015  – Groupe de Six- CAR – PNP- Santé du Peuple

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Conférence de presse du mardi 14 Novembre 2017

 

Déclaration liminaire

 

Faure Gnassingbé sème les germes de la division et de la haine dans le but de dresser l’armée contre le peuple

 

S’adressant vendredi dernier, 9 novembre 2017, aux éléments du camp militaire de Témédja, le Chef de l’Etat a déclaré : « Notre pays, le Togo est actuellement perturbé par des manifestations qui, loin d’être pacifiques comme l’autorise la loi, ont été souvent d’une très grande violence. Ceux et celles qui organisent ces manifestations portent  la lourde responsabilité des victimes que les participants ont faites et les dégâts qu’ils ont causés. Ce fut le cas de cet enfant tué à Mango et à Sokodé. Ce fut également le cas de vos camarades, frères d’armes … décapités par un groupe d’individus préparés à cet effet. Les assassins des deux militaires tués sont activement recherchés et seront châtiés. Aujourd’hui, je suis avec vous pour vous renouveler ma confiance totale. Je sais pouvoir compter sur votre courage et votre sens du devoir pour relever tous les défis qui vous seront lancés et que sans faiblesse, nous saurons ensemble répondre à toute menace ou action terroristes qui pourraient toucher notre nation ».

La Coalition des Forces démocratiques tient à dénoncer avec force, le caractère irresponsable, belliqueux et antipatriotique de cette déclaration qui vient révéler au grand jour le plan machiavélique d’épuration politique et de destruction de la nation que des rumeurs persistantes commençaient déjà à attribuer au Chef de l’Etat et à son clan. A la suite de la tournée d’évaluation qu’elle  a effectuée à Sokodé et Bafilo, la Coalition des Forces démocratiques avait, lors de sa conférence de presse du 31 octobre 2017, déploré les actes de dégradation d’édifices publics et de lynchage ayant entraîné la mort ou la blessure de militaires en faction devant les domiciles les établissements bancaires ou tout autre lieu public.

Après la déclaration de Témédja, on comprend mieux pourquoi les appels incessants de la Coalition à la mise sur pieds d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les graves événements qui se produisent dans notre pays depuis trois mois n’ont trouvé aucun écho favorable auprès des autorités de fait qui ont pris le Togo en otage depuis plus de 50 ans. En effet, à la suite de la déclaration de guerre faite par Faure Gnassingbé au camp de Témédja, la dramatique situation née des répressions barbares des manifestations des forces démocratiques togolaises qui se déroulent dans notre pays depuis le 19 Août 2017 a atteint  une dimension particulièrement inquiétante qui nous oblige, par devoir patriotique, à rétablir la vérité et à attirer l’attention des Togolais et de la communauté internationale sur les menaces graves et les dangers qu’elle fait planer sur la sous région ouest-africaine toute entière:

Les répressions aveugles perpétrées contre des manifestants pacifiques et l’état de siège imposé à certaines préfectures du Nord Togo semblent de plus en plus relever d’un plan diabolique conçu pour se dérouler en deux phases. La première visant à assiéger toutes les principales villes du nord du pays que le pouvoir a toujours considéré comme son bastion pour y installer par la répression un état de terreur et la seconde visant à faire commettre dans le sud du pays des violences horribles par l’entremise d’une milice savamment organisée et armée.

L’exécution de la première phase a commencé par Kara, chef-lieu de la préfecture d’origine du Chef de l’Etat où tout rassemblement de l’opposition a été systématiquement étouffé dans l’œuf par un groupe organisé du parti RPT-Unir au pouvoir bénéficiant de  la bienveillance des forces de l’ordre souvent dépêchées sur les lieux. C’est ainsi que depuis le début de la protestation, aucune manifestation n’a pu avoir lieu à Kara.

Le pouvoir a ensuite jeté son dévolu sur Mango où, le 7 septembre dernier, des manifestants de l’opposition se sont  heurtés à une contre-manifestation organisée par le pouvoir, alors que le ministre de l’administration territoriale a déclaré que la seule manifestation organisée par le pouvoir devait se dérouler à Lomé. On devait comprendre plus tard que la manœuvre était destinée à faire dégénérer les manifestations et en profiter pour déverser les forces para commandos à Mango en vue de mettre à exécution une répression sanglante entraînant des morts, blessés et des départs massifs en exil.

Ce fut enfin le tour des villes de Bafilo et de Sokodé de vivre les foudres de la répression. Le comble a été atteint lors de l’enlèvement brutal de l’Imam Hassane de Sokodé dans la nuit du 16 au 17 octobre 2017 où toute la ville a été volontairement plongée dans l’obscurité à la suite d’une coupure de courant. En l’espace de quelques heures, la population de Sokodé a été la cible de tirs à balles réelles et de bastonnades. Plusieurs bâtiments publics, boutiques et étalages de commerçants ont été pillés, saccagés puis brulés non seulement à Sokodé mais aussi dans plusieurs quartiers à majorité Tem et musulmane des villes de Bafilo, Tchamba, Kpalimé et même dans la capitale Lomé où le siège du PNP a été brulé. Comment les manifestants auraient-ils pu opérer de tels forfaits en quelques heures, d’autant plus qu’ils ne disposaient d’aucune capacité à ordonner ou à effectuer eux-mêmes la coupure de l’électricité sur un réseau relevant intégralement  de l’autorité gouvernementale.

Tout cela ressemble trop à un plan militaire monté par le pouvoir pour réprimer et mettre sous coupe réglée, les populations des villes de Sokodé, Bafilo et autres.

Dans le même temps, la deuxième phase visant le sud du pays a été mise à exécution. Les 18 et 19 octobre, le gouvernement interdit de manière illégale, des manifestations prévues dans la capitale. Il s’est révélé par la suite que cette interdiction relève d’un plan orchestré par le pouvoir pour déverser des hommes cagoulés munis de coupe-coupe, de machettes, d’armes de guerre et même de pistolets équipés de silencieux qui sont des armes de crime pour semer l’horreur dans la capitale.

Le lundi 6 novembre, alors que le gouvernement diffuse un communiqué destiné, dit-il,  à ramener l’apaisement dans lequel il annonce la libération de certaines personnes condamnées à la suite des manifestations et l’imminence d’un dialogue, la répression barbare  continue de s’abattre sur les populations de Bafilo et de Sokodé alors même que ces deux villes figuraient sur la liste des localités que le pouvoir avait formellement retenues pour l’encadrement des manifestations.

Sous le feu des condamnations venant de toutes parts et de la détermination des populations,  le gouvernement devait annoncer plus tard qu’il a levé l’interdiction de manifester sur toute l’étendue du territoire. Mais à notre grande surprise, les manifestations ont été sauvagement réprimées le 7 novembre à Sokodé et à Bafilo. Pour justifier cette répression, le gouvernement annonce que les manifestations sont interdites à Mango, Sokodé et Bafilo prétextant que des armes sont en circulation. La même interdiction nous a été opposée pour les manifestations de la semaine en cours.

La grande majorité des Togolais et la communauté internationale ont pu se rendre compte de l’extrême gravité de la situation que lorsque le chef de l’Etat togolais s’est rendu au camp de Témédja à la tête du corps des para commandos communément appelés « bérets rouges », pour déclarer la guerre au peuple togolais en des termes qui ne cachent plus ses intentions de semer les germes de la division et de la haine dans le but de dresser l’armée contre le peuple. Cela a commencé de la même manière dans les pays qui ont vécu les atrocités du génocide. C’était le même cas au Soudan, il ya une décennie. Une situation quasi similaire a conduit dernièrement aux évènements de la Centrafrique que la communauté internationale essaie de juguler jusqu’à ce jour. C’est de cette manière que le même phénomène  s’est présenté au Rwanda en 1994 pour conduire au génocide le plus inhumain et le plus macabre que l’Afrique ait connu.

Voilà pourquoi, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition voudrait attirer l’attention de la communauté internationale sur le drame qui se prépare au Togo. La coalition sollicite l’appui du Secrétaire général des Nations Unies, du Conseil de paix de l’Union africaine, de la Commission de la CEDEAO, et du groupe des cinq grandes chancelleries occidentales présentes dans notre pays (les Etats Unis d’Amérique, la Coordination du Système des Nations Unies, les ambassades de l’UE, de la France et de  l’Allemagne),  aux fins de mettre en place une commission d’enquête internationale sur les crimes qui se produisent au Togo depuis plusieurs mois.

 

La lutte populaire est invincible !

 

Fait à Lomé le 14 Novembre 2017

 

 

Ont Signé pour :

                      CAP 2015                               Groupe des 6                 CAR                      PNP                       Santé du peuple

   

              Kafui Adjamagbo-Johnson   Nicodème Habia       Jean Kissi      OuroDjikpaTikpi    Georges Kuessan

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Article publié le jeudi 23 novembre 2017
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