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RDC/Musique : «L’affaire Meje 30»

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C’est au retour d’un voyage de deux semaines au pays de Yoweri Museveni, à l’invitation de Charles Okoto fraîchement accrédité ambassadeur de la République Démocratique du Congo en Ouganda, que le scandale éclate à Kinshasa autour de ce qu’on appelle désormais « l’affaire Meje 30. »
A l’origine des photos d’un concert donné à Kampala, où l’on voit la chanteuse et danseuse préférée de Tshala Muana s’exhiber « nue. » Devenue « Mamu nationale » après avoir été pendant près de 30 ans surnommée « la reine de mutuashi », Tshala était à la tête d’une forte délégation de 20 musiciens. Parmi lesquels « Meje 30 », qu’elle prépare à sa succession.Dans la capitale ougandaise, elle a livré deux concerts. Le premier au « Sabrina’s Pub » le 4 septembre dernier, en présence de nombreuses personnalités ougandaises : le fils Kahinda Otafire, le général Salim Saleh, Paul Kasagga, Gordon Wavamunno et son épouse Morrine, etc. Le second le lendemain chez « Didi’s World », à l’intention exclusive de la communauté congolaise.C’est lors du concert au Sabrina’s Pub que le scandale a eu lieu. Le journal ougandais « the Observer » rapporte que le public resté fidèle à Tshala Muana était venu nombreux ce soir là se délecter d’un spectacle réputé lubrique et sensuel à souhait, grâce à la danse « mutuashi. » Un peu déçu de voir Tshala Muana apparaître drapée dans une austère sombre robe musulmane brodée de fils rouges – « hijab » en arabe ou « monde arabe » en lingala -, le public s’est vite retrouvé quand elle a introduit Meje 30.Vêtue d’une longue robe argentée haut fendue sur la cuisse, cette dernière a vite captivé le public. Par ses coups de rein sensuels donnés au rythme de la danse « mutuashi. » Le public fut d’autant plus captivé qu’il ne tarda pas à se rendre compte qu’elle ne portait pas de slip. A ceux qui se sont plaint par la suite d’un spectacle « trop suggestif et vulgaire », Tshala Muana a pris la défense de sa protégée en affirmant qu’elle s’habillait comme elle-même avait l’habitude de le faire. « Elle est bien. J’espère qu’elle prendra la place que j’aurais laissé (…) La danse « mutuashi » et l’habillement de Meje 30 sont conformes au code culturel du peuple du Kasaï (…) Nous l’avons juste un peu modernisé (…) C’est l’identité du peuple du Kasaï ; c’est pourquoi les chefs coutumiers du Kasaï m’ont désignée comme leur ambassadrice », dira-t-elle entre autres au journal ougandais « l’Observateur. » Ambassadrice de la fornication ? Dans les milieux kasaïens de Kinshasa, la colère est à peine contenue face à cette énième provocation de Tshala Muana. Parlant de « sorcellerie en live », d’aucuns n’hésitent pas, en réponse à ses propos, à la qualifier « ambassadrice de la fornication. » Tout au long de sa carrière très mouvementée entrecoupée d’aventures sentimentales réelles ou fictives avec de hautes personnalités comme feu Mzee Laurent Désiré Kabila – qui l’avait « nommée » parlementaire avec Tabu Ley et Somida –, Tshala Muana a fait des tenues sensuelles sur scène et de la danse « mutuashi » son principal fonds de commerce. N’hésitant pas à exhiber, lors de ses concerts, un entrecuisse protégé par un slip d’un blanc aveuglant, elle ne s’était jamais dénudée en public. Avec Meje 30, elle a franchi le Rubicon.Devant la nudité de Meje 30 photographiée sous toutes les coutures, la réprobation le dispute à l’indignation. Officiellement, il ne s’agirait que d’un vulgaire montage destiné à nuire à une brillante et prometteuse carrière aux côtés de la cinquantenaire « mamu nationale », grand-mère de six-petits enfants. Appelés à faire l’impasse sur l’événement, les médias qui ont fait écho du scandale sont menacés de poursuites judiciaires. Dans les années 80, une affaire similaire avait déjà secoué la RDC. Elue miss à Kinshasa, Aimée Likobe, une reine de la beauté posa nue pour un magazine américain, lors d’un voyage aux Etats-Unis. Très à cheval sur les mœurs, les autorités de l’époque la condamnèrent à l’exil pour « atteinte à l’honneur et à la dignité de la femme. » Rien ne semble menacer Meje 30, abritée sous le parapluie de Tshala Muana, influent membre du parti au pouvoir – le parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Du reste, signale-t-on, avec l’affaire Meje 30, la musique congolaise n’en est pas à son premier scandale des mœurs. Fraîchement libéré du centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), l’artiste musicien Evoloko a dû demander pardon aux femmes pour avoir abusé sexuellement, à plusieurs reprises, d’une mineure. Prosper Mokabi Dawa



Article publié le dimanche 11 octobre 2009
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